Qu’est-ce qu’un évangélique, d’abord? On en entend beaucoup parler donc on a l’impression de savoir ce dont il s’agit.
Dans un article du Wall Street Journal, Steven Waldman propose plusieurs définitions, dont la plus ramassée serait qu’il s’agit de:
someone who “wants people to have a personal relationship with Christ”; views the “Bible as the Supreme authority”; believes Christ died for our sins (“crucicentric theology”); and is “activist,” meaning committed to serving Christ in the world at large.
Le Christian Science Monitor se penche sur un personnage crucial au sein du parti démocrate, Leah Daughtry, assistante parlementaire devenue n°2 du parti, “patronne” de la Convention de Denver à la fin de l’été, et … pasteur(e) pentecôtiste.
Les évangéliques sont perçus comme des “fous de Dieu”, en France, réactionnaires et donc bushistes au dernier degré, alors que depuis 2004, les Démocrates se sont attelés à les attirer à eux, notamment à travers la rhétorique de Barack Obama. Contrairement à une idée reçue, les évangéliques ne sont pas un électorat monolithique. La capacité de Bush (et ses stratèges de campagne) à les attirer à lui fut une des clés du précédent scrutin (mais pas la seule). L’enjeu cette année est de voir comment cet électorat se répartira entre un républicain peu volubile sur sa foi mais conservateur (sur l’avortement, par exemple) et un brillant orateur qui sait parler de sa foi, mais dont les positions progressistes (sur l’avortement, toujours) peuvent empêcher certains évangéliques de voter pour lui.
La semaine dernière, les deux adversaires affichaient un même soutien envers les “faith-based initiatives” (pourtant si intimement associées au président sortant), preuve que de leur point de vue au moins tout n’est pas à jeter dans l’héritage de Bush.
Lauric Henneton