Au Washington Post, pourtant liberal (centre-gauche, donc pro-démocrates), il y a deux chroniqueurs particulièrement conservateurs (donc pro-républicains), signe d’un pluralisme et d’une ouverture très appréciables.
- Charles Krauthammer: dans sa dernière chronique (du 12) il explique pourquoi Obama serait sur la pente descendante. La critique du messianisme obamalâtre est partisane, c’est évident, mais les arguments sont intéressants.
- Michael Gerson (évangélique et républicain, il a écrit les discours de Bush il y a quelques années) revient sur les attaques formulées contre Sarah Palin, notamment sur les questions de religion (un de ses thèmes de prédilection).
L’un comme l’autre s’attachent à démonter les attaques de la gauche américaine, véhiculées par les grands médias (surtout la presse écrite). C’est ce côté “à contre courant” qui fait l’intérêt de leurs arguments (qu’on soit d’accord ou pas n’a rien à faire dans l’histoire).
Pour info, le New York Times, lui aussi clairement de centre gauche (et donc pro-démocrates) a deux chroniqueurs conservateurs: David Brooks et William “Bill” Kristol (qui a succédé à William Safire il y a quelques mois). Leurs chroniques, qui tranchent avec celles d’autres chroniqueurs beaucoup plus à gauche (Krugman, Friedman, Dowd…), permettent d’avoir une image beaucoup plus large du spectre idéologique aux Etats-Unis.
La chronique sur les affaires américaines de The Economist (signée “Lexington”) revient sur l’effet Palin, à la suite de l’effet Clinton, sur le féminisme américain. Sujet complexe! La référence à Madonna vient d’une longue chronique de Camille Paglia dans le magazine Salon:
In her idiosyncratic way, Mrs Palin also represents the fulfilment of the feminist dream. She demonstrates that gender is no longer a barrier to success in one of the most conservative corners of the land, the Alaska Republican Party. She also proves that you can be a career woman without needing to subscribe to any fixed feminist ideology. Camille Paglia hails her as the biggest step forward for feminism since Madonna. (The Economist)
Lauric Henneton