Premier entretien avec Sarah Palin sur un grand réseau national–mené par Charles Gibson (ABC news), jeudi 11. La candidate à la vice-présidence s’est attachée à montrer sa compétence sur un terrain où les doutes étaient forts–la politique étrangère. Visiblement l’équipe de campagne lui avait fait réviser ses fiches, sans gommer une certaine raideur dans la répétition des mêmes formules (“to stop the terrorists who are hell-bent on destroying America and our allies”). Mais elle avait oublié la “doctrine Bush”, qui justifie les attaques préventives en dehors de menaces imminentes, d’où un moment inconfortable où Charles Gibson insiste comme un examinateur pour avoir une réponse précise, pas un “brouillage verbal”. Ce qui ne l’a pas empêchée, le même jour anniversaire du 11 septembre, de s’adresser aux soldats (dont son fils) qui quittaient une base de l’Alaska pour l’Irak en leur disant qu’ils partaient combattre “les ennemis qui ont planifié et mis en oeuvre la mise à mort de milliers d’Américains et s’en sont réjoui”, en faisant comme Bush le lien entre le 11 septembre et l’Irak.
La compétence de Joe Biden en matière de politique étrangère n’est généralement pas mise en doute, mais il peut faire des gaffes monumentales qui font les choux gras des bloggeurs républicains, comme lorsqu’il demande à Chuck Graham, qui est en fauteuil roulant, de se lever pour que tout le monde le voie. Prétend-il avoir le pouvoir de guérir les paralytiques?
Jacques Pothier
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Dans son compte-rendu sur trois ouvrages techniques consacré au suffrage, (The Price of Being Black, New York Review of Books 55.14, September 25, 2008) Andrew Hacker souligne quelques handicaps techniques que Barack Obama doit surmonter. Dans plusieurs Etats clé, des mesures ont été prises pour régulariser les élections, mais elles ont pour effet de rendre plus difficile le vote des Noirs pauvres, et plus généralement des démunis. Dans l’Indiana, il faut montrer un document d’identité comportant une photo pour voter: permis de conduire, ou passeport. Pour le passeport, même Sarah Palin n’en avait pas encore récemment, mais 14,7% des adultes en âge de voter en Indiana n’ont pas de permis de conduire (on peut se faire faire un autre document… dans un centre de délivrance des permis de conduire. Il faut y aller…). En Floride, les criminels sont privés du droit de vote même une fois qu’ils ont purgé leur peine. Comment les repère-t-on? par un logiciel: il suffit que 80% des lettres du nom d’un électeur soient communes avec celles d’un détenu ou ancien détenu pour qu’il soit rayé des listes électorales. Dans un certain nombre d’Etats, les anciens détenus ne récupèrent leur droit de vote qu’après des démarches difficiles et dissuasives (au Mississippi, sur 155.127 personnes sorties de prison entre 1992 et 2004, seules 107 ont récupéré le droit de vote).
A côté de ces obstacles objectifs, il faut se méfier des sondages. Les électeurs américains blancs n’osent pas davantage répondre à un sondeur qu’ils sont racistes que les électeurs français n’avouent qu’ils votent pour Le Pen. L’effet Le Pen s’appelle là-bas “effet Bradley”, du nom du maire de Los Angeles qui en 1982 devait devenir gouverneur de Californie selon tous les sondages, et qui fut battu. En gros, à cause de ce biais, conseille l’auteur, il faudrait toujours soustraire 7% aux intentions de vote pour Obama.
Jacques Pothier
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