D’abord un extrait vidéo de l’émission Newsnight (BBC), où il est demandé d’abord à des universitaires puis à des membres du Parti travailliste de classer les leaders du parti depuis 1945.
Le point délicat: comment ne pas soutenir son “patron” quand on est membre du gouvernement? Sur le podium, Clement Attlee (associé à l’Etat providence d’après guerre), Tony Blair (qui a opéré la mutation historique vers le “New” Labour) et sur la 3e marche, l’actuel patron, Gordon Brown. Tout en bas du classement: James Callaghan (premier ministre de 1976 à 1979, associé au “Winter of Discontent” et à la crise de la fin des années 1970) et Michael Foot (leader de 1980 à 1983), à la gauche du parti, accusé d’être le responsable de la plus cuisante défaite de l’histoire du parti, aux législatives de 1983, à la suite desquelles il démissionna, d’ailleurs.
La semaine prochaine, le classement des Conservateurs, de Churchill à Cameron en passant par Thatcher – ce qui devrait constituer le podium, mais peut-être pas dans cet ordre.
Un ancien leader des Tories, William Hague (qui sera sûrement dans les moins bien classés) propose dans le Times de dimanche de rouvrir le dossier de la relation de la Grande-Bretagne avec l’Europe. Les Tories sont partagés entre leur aile “eurosceptique” et leur aile “europhile”, une division qui causa la chute de Margaret Thatcher et la défaite historique de 1997. Le contexte actuel est celui d’un traité de Lisbonne bloqué par le “non” irlandais au référendum du printemps dernier. Evidemment, les Irlandais vont sûrement revoter, et “bien” voter cette fois, ce qui remettra le traité en selle. A ce moment là, un éventuel gouvernement conservateur (à l’horizon 2010, donc) pourrait organiser un référendum afin de redéfinir les liens entre le Royaume-Uni et l’Europe.
Petite chronologie sur les Conservateurs et l’Europe:
- 1946 — Sir Winston Churchill calls for a “United States of Europe”, without Britain
– 1973 — Edward Heath leads Britain into the European Economic Community
– 1988 — Margaret Thatcher delivers Bruges speech, zenith of her Eurosceptic leadership, warning of “a European superstate exercising a new dominance from Brussels”
– 1992 — John Major signs Maastricht treaty, sparking Eurosceptic rebellion. UK crashes out of European exchange rate mechanism.
– 1993 — Major labels Eurosceptic cabinet members “bastards”
– 1997 — Splits over Europe contribute to Tory election disaster
– 2007 — David Cameron establishes party ceasefire over EU
Lauric Henneton