Entrée de mai 2009
Un sondage ICM pour le Sunday Telegraph (conservateur) place les Libéraux-démocrates devant les travaillistes en intentions de vote pour d’éventuelles élections générales (législatives) de même que pour les européennes du 4 juin (le 7 en France, les Britanniques ne votent pas le dimanche).
Les Conservateurs sont à 40% (+1), les Travaillistes à 22% (-6), ce qui est conforme à certaines enquêtes passées, et les Libéraux-démocrates sont crédités de 25% d’intentions de vote (+5), ce qui est historiquement élevé. Reste à savoir s’ils vont rester à ce niveau ou s’il s’agit d’une exception. D’après Anthony Wells (UK Polling Report), ICM aurait tendance à surévaluer le score des Libéraux-démocrates.
A une exception près, c’est la première fois que les Travaillistes sont en troisième place depuis 1987, quand ils étaient très divisés (notamment à cause d’une aile gauche très militante) et menés par un leader (Neil Kinnock) au charisme insuffisant face à Margaret Thatcher (malgré son importance à long terme dans le rajeunissement du parti, parachevé par Blair).
Lauric Henneton
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Michael Foot en 1982
Gordon Brown bat des records d’impopularité. Crédité de 23% par le Mail on Sunday et de 26-27% par ailleurs, il est en dessous du plus bas historique réalisé par Michael Foot en 1983. On n’avait pas vu de tels chiffres depuis les années 1920 (à une époque de transition où le parti libéral ne s’était pas encore effondré et où un tripartisme éphémère diminuait automatiquement les résultats de chaque parti).
Dans les colonnes du Guardian, la chroniqueuse Polly Toynbee, travailliste historique, appelle (à son tour) Gordon Brown à démissionner, si possible avant les européennes du 4 juin, sinon dès le lendemain.
It’s all over for Brown and Labour. The abyss awaits. As long as he remains leader, there is nothing that wretched Labour candidates can plausibly say on the doorstep at next month’s European elections. They are struck dumb. Why should people vote for them? The horse manure bought on expenses is garnish for a decomposing government. The heart of the matter is the economy, and Brown’s responsibility for the bubble years. He personally is to blame for Labour’s failure to ensure that ordinary people on median incomes and poor people at the bottom received a bigger share in national growth: it turns out that they fell back and only the wealthy prospered. Labour made the rich richer and the poor poorer: growth for the few, not the many.
La dernière accusation, régulièrement formulée contre Margaret Thatcher, revient à faire à Brown un procès en thatchérisme. Toynbee poursuit:
That is a failure so fundamental to Labour’s purpose that the party can’t go into the next election led by the man responsible. His other failings as leader pale beside this one monumental fact. While he is there, Labour cannot claim “fairness” or “social justice”, so what is left to say? What is Labour’s offer?
Gordon Brown has been tested and found in want of almost every attribute a leader needs. Squalid dealings by his poisonous inner circle were exposed to the light of day; yet at the same time he lacks a leader’s necessary political cunning. Many hoped that the end of the rivalry with Blair would see Brown cast off his myrmidons. He didn’t. In the tussle between his better and his worse selves, too often the lesser man won.

Polly Toynbee
Le scandale des frais des députés (expenses) n’arrange évidemment rien à l’affaire, non que les travaillistes soient les seuls incriminés, mais parce qu’ils sont au pouvoir depuis 1997 et que c’est par conséquent à eux, en priorité, de réécrire des règles qui ne seraient plus adaptées. Les retombées du scandale, révélé sur plusieurs jours par le Daily Telegraph, quotidien de droite qui n’a pas pourtant pas épargné les Conservateurs, se font sentir sur les deux grands partis, qui chutent dans les sondages, au profit, un peu automatique, des libéraux-démocrates (alors encore épargnés) et des petits partis (UKIP, BNP, Verts…, qui ne seront sûrement pas touchés étant donné leur faible nombre de députés). En fait, le Daily Telegraph a publié hier ses révélations sur les libéraux-démocrates, mais il faudra attendre les prochains sondages pour connaître leur effet sur les intentions de vote.
Egalement intéressants, cette chronique de l’euroscepticisme ordinaire, par le correspondant bruxellois de la BBC au cours de son périple européen en amont des élections de début juin (4 juin outre-Manche, 7 juin en France), et cette carte interactive des circonscriptions parlementaires du Royaume-Uni, où sont consultables de très nombreuses données, notamment sur les circonscriptions “ouvertes” (marginal seats).
Lauric Henneton
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Une nouvelle affaire de notes de frais (expenses), révélée par le Daily Telegraph (droite), vient écorner l’image de probité de Gordon Brown et de ses ministres (article du Guardian, article de la BBC avec vidéo d’Harriet Harman qui s’explique comme elle peut).
Comme si ce n’était pas suffisant, on apprend que les inégalités n’ont jamais été aussi grandes (en tout cas depuis les années 1960), malgré douze ans de pouvoir travailliste et des déclarations ambitieuses de Blair qui voulait réduire de moitié la pauvreté infantile d’ici 2010 (aïe) et la supprimer d’ici 2020. Un article de l’Independent et un autre du Financial Times donnent plus de détails. Voilà qui démonte l’argument hostile à Margaret Thatcher selon lequel elle n’aurait pas su, ou voulu, réduire les inégalités, et que pendant son “règne” les pauvres étaient devenus plus pauvres et les riches plus riches. Un graphique, reproduit ci-dessous, montre que les inégalités se sont creusées également sous des gouvernement travaillistes, que ce soit dans les années 1970, ou depuis l’arrivée au pouvoir de Tony Blair en 1997.

Enfin, Simon Jenkins, dans sa chronique du Guardian, s’appuie sur des précédents historiques (notamment la Guerre des Malouines, ou Falkland, en 1982) pour conclure que seule une guerre, à ce stade, pourrait sauver Gordon Brown.

Lauric Henneton
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Margaret Thatcher est devenue premier ministre à la suite de la victoire des Conservateurs le 4 mai 1979, il y a 30 ans jour pour jour.
Voici, au milieu du déluge d’articles et d’éditoriaux sur le sujet, une rétrospective en images -et en musique- des 11 ans de la Dame de Fer au 10 Downing Street. A noter aussi, la chronique de Daniel Finkelstein dans le Times, sur la “gestion” de l’héritage thatchérien par les Conservateurs aujourd’hui.
Dans le même temps, l’atmosphère de fin de règne qui entoure Gordon Brown et son gouvernement rappelle à la fois les derniers temps du gouvernement Major, qui suivit celui de Thatcher (1990-1997) mais aussi la longue agonie du gouvernement Callaghan (1976-1979), à l’issue duquel Thatcher arriva au pouvoir.
Lauric Henneton
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