Observatoire Socio-Politique du Monde Anglophone

Entrée de juin 2009

Perspectives électorales; dévolution

Mardi 30 juin 2009 · Laisser un commentaire

Dans une tribune dans le Financial Times, les universitaires Niall Ferguson et Glen O’Hara expliquent pourquoi c’est loin d’être gagné d’avance pour les Conservateurs, notamment en revenant sur le parallèle entre la période actuelle et les années 1990. Les Conservateurs d’aujourd’hui ne sont pas le New Labour d’hier, selon eux.

Dans The Independent, Steve Richards explique que l’intervention de Gordon Brown, hier, marque le début de ce qui sera une longue campagne électorale d’environ un an.

Enfin le Western Mail gallois consacre un article à David Melding, un assembly member conservateur qui vient de publier un livre expliquant pourquoi la solution fédérale est la plus apropriée pour le Royaume-Uni. Les Conservateurs sont traditionnellement ‘unionistes’, donc opposés à toute forme de fédéralisme, contrairement aux Libéraux-démocrates, par exemple. C’est donc là un véritable pavé dans la marre que signe David Melding.

Lauric Henneton

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Volatilité de l’électorat britannique

Mardi 23 juin 2009 · Laisser un commentaire

Un sondage réalisé par l’institut Harris pour le quotidien Metro montre que de nombreux électeurs travaillistes et libéraux-démocrates n’ont pas l’intention de rester fidèles à leur parti. Cependant, ils n’ont pas l’intention non plus de migrer en masse vers les Conservateurs.

Les Conservateurs sont en tête avec 35%, les Travaillistes sont à 20% et les Libéraux-Démocrates à 16. Plus surprenant, les autres / petits partis (dont les partis nationalistes écossais et gallois mais aussi et surtout le parti eurosceptique UKIP) sont à 29% (UKIP est à 10%).

Selon les projections en sièges, les Conservateurs auraient une majorité (relativement confortable) de 62 sièges.

* * *

Sur l’élection du nouveau speaker de la Chambre des Communes, le Conservateur (dissident) John Bercow, qui remplace Michael Martin, voir la page très complète de la BBC.

Lauric Henneton

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Sondage: Alan Johnson peut-il sauver le Labour?

Mardi 9 juin 2009 · Laisser un commentaire

Un sondage ComRes pour The Independent, réalisé entre les résultats des élections locales et ceux des européennes, en plus de la question traditionnelle sur les intentions de vote, proposait aux personnes interrogées un choix de leaders autres que Gordon Brown à la tête du Parti travailliste. Parmi eux, Jack Straw, David Miliband ou encore Jon Cruddas, Ed Balls, James Purnell et Hariet Harman. Tous sont donnés perdants (y compris Brown, bien sûr) face aux Conservateurs. Tous? Non. Seul Alan Johnson, qu’on présente de plus en plus comme la figure la plus consensuelle pour succéder à Brown, parviendrait (le conditionnel est important) à priver les Tories d’une majorité en sièges à la Chambre des Communes (malgré une défaite en voix).

Que faire d’un tel sondage? D’abord, on se souvient que ComRes est l’institut qui, le 30 mai, avait donné les Conservateurs à 30%, ce qui constituait clairement une anomalie. Le UKPollingReport discute utilement ce nouveau sondage, et son utilité relative. Très brièvement: un tel sondage n’est pas une nouveauté, il n’indique rien de fiable pour l’avenir, mais il peut avoir un impact sur les acteurs politiques, et pourrait à ce titre accélérer un débat autour du leadership du parti.

En attendant, Gordon Brown a encore survécu, lundi soir, à une réunion à haut risque du Parliamentary Labour Party, que l’on annonçait comme une sorte de nuit des longs couteaux dont il pouvait être la victime expiatoire. Brown n’en finit pas d’être fini, mais il est toujours là. Et tout compte fait, il pourrait bien être encore là en juin 2010 pour affronter les Conservateurs.

Question: est-ce dans l’intérêt du parti? Question connexe: que peuvent faire, que vont faire ceux qui, au sein du Labour, pensent que Brown est la garantie d’une déroute historique?

Lauric Henneton

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Elections européennes : update

Lundi 8 juin 2009 · Laisser un commentaire

Une synthèse brève mais complète des gagnants et des perdants des européennes en Grande-Bretagne, sur Politics.co.uk (Ian Dunt).

Egalement un petit papier sur la défaite historique des Travaillistes au pays de Galles (un véritable séisme politique dont on a du mal à prendre la mesure en France).

A suivre: lundi soir, réunion des députés travaillistes, il faudra surveiller les prises de position. Il n’est pas impossible (même si ce n’est pas le scénario le plus probable) que ce soit le dernier jour (un des derniers jours) de Gordon Brown au Number 10.

Lauric Henneton

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Elections européennes: résultats, tendances, enseignements

Lundi 8 juin 2009 · Laisser un commentaire

Quelques liens au milieu du déluge éditorial qui suit le scrutin européen, et quelques enseignements.

Il est indispensable de replacer les résultats nationaux dans leur contexte européen (expliquer la déroute des socialistes français et des travaillistes britanniques par des causes purement nationales n’est pas suffisant: c’est une tendance lourde à l’échelle de l’Europe).

Les partis conservateurs/libéraux l’emportent pratiquement partout, qu’ils soient au pouvoir (France, Allemagne) ou dans l’opposition (Royaume-Uni, Espagne), et même quand, au pouvoir, leur leader n’est forcément très populaire (Sarkozy, Berlusconi).

Ce sont souvent, mais pas systématiquement, des partis avec une part d’Euroscepticisme dans leur électorat.

Les partis d’extrême-droite, ou de droite souverainiste (eurosceptique) viennent compléter ces résultats (en Autriche, mais aussi et surtout au Royaume-Uni avec Ukip et le premier député européen du BNP, le Front national britannique).

Les Travaillistes enregistrent une défaite historique, qui n’a pas vraiment profité aux libéraux-démocrates, très pro-européens (il n’est pas envisageable que les mécontents du Labour se soient reportés sur Ukip, ou qu’il ait pu y avoir une hésitation entre un vote LibDem et un vote Ukip). Les Travaillistes, par ailleurs, sont battus au pays de Galles, ce qui n’était pas arrivé depuis 1918!

Outre-Manche il s’agit bien plus d’une déroute travailliste que d’une victoire des conservateurs, qui progressent très légèrement. Ils appelaient notamment à un vote sanction contre Brown, donc à portée nationale et pas européenne. Il faut maintenant regarder avec qui les Conservateurs vont s’allier au Parlement européen: le PPE, ou comme ils l’avaient laissé entendre, un certain nombre de partis très à droite, notamment de pays d’Europe de l’Est?

Quelques pages / portails qui permettent de s’y retrouver:

- La BBC

- France-Info pour la carte interactive de l’Europe

- Le Guardian pour sa carte interactive du Royaume-Uni et un article de synthèse

- Pour les plus curieux, PoliticsHome, comme chaque jour, donne les titres des articles politiques de toute la presse britannique: c’est le meilleur moyen de ne rien manquer!

- La privatisation partielle de Royal Mail devrait être ralentie, voire reportée, ce qui n’enlève pas la possibilité d’un putsch au sein du Labour (une alliance improbable entre les Blairistes de centre-gauche et la gauche du parti)

Photo: Stefan Rousseau/PA (Site du Guardian)

Photo: Stefan Rousseau/PA (Site du Guardian)

Lauric Henneton

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La conspiration anti-Brown, ou comment se débarrasser de son leader

Samedi 6 juin 2009 · Laisser un commentaire

Peter Brookes / The Times

Peter Brookes / The Times

Au lendemain d’élections locales marquées par une large victoire conservatrice (qui préfigurerait celle à venir aux législatives?), Gordon Brown a remanié son cabinet, mais la fronde à son encontre ne diminue pas. Au contraire, les backbenchers (députés sans portefeuille ministériel) sont activement engagés dans une dynamique anti-Brown, faisant suite aux nombreuses démissions dans son cabinet (elles-mêmes à l’origine du remaniement).

Le Guardian propose une petite FAQ pour comprendre rapidement les enjeux de la situation actuelle.

Les paragraphes suivants permettent de bien saisir l’humeur des Travaillistes:

But a new poll of Labour activists brought further bad news for the prime minister, revealing that fewer than half of all party supporters want him to lead them into the next general election, with one in five urging him to quit now.

The poll of 800 party members carried out by YouGov for Channel 4 News found that one in three thought Labour stood no chance of winning a general election if Brown remained leader and 53% thought they would be better off if Tony Blair was still in Number 10.

On s’observe, on se demande qui y va, quand y aller, mais le “coup” est en train de se mettre en place. Les résultats des Européennes, dimanche, seront peut-être le signal du départ, mais ce serait peut-être prématuré. Et les “rebelles” ne sont peut-être pas (encore) assez nombreux pour pousser Brown à la démission. On saura lundi soir, au terme d’une réunion des députés travaillistes, si une pétition (qui doit compter 75 signatures) a été présentée.

Un autre article du Guardian permet de bien comprendre la réflexion des ‘rebelles’.

Si une attaque n’est finalement pas tentée lundi, il faudra attendre le projet de loi de privatisation partielle de Royal Mail qui pourrait être présenté en juin et devrait entraîner une levée de bouclier à gauche. La loi pourrait être votée uniquement grâce à l’appui des Conservateurs. Sauf s’ils retirent leur soutien pour faire chuter le Premier ministre. On peut aussi envisager une motion de défiance, comme en mars 1979, quand l’échec des référendums sur la dévolution avait entraîné le dépot par les nationalistes écossais mécontents d’une motion de défiance dont la principale bénéficiaire fut Margaret Thatcher. Un revers sur la Poste pourrait avoir les mêmes conséquences.

L’étape suivante est la convention annuelle (conference) du parti, fin septembre, avec l’élection du leader. On peut imaginer une candidature de contestation qui réunirait assez de soutien pour provoquer un deuxième tour de scrutin. On serait dans un scénario analogue à la fronde contre Margaret Thatcher en novembre 1990… ou la fronde contre Edward Heath en 1975, qui avait amené l’élection surprise de Margaret Thatcher comme leader du parti conservateur. En cas de retrait de Brown, on peut imaginer la candidature d’Alan Johnson comme homme du consensus, un peu à la manière de John Major, en attendant des législatives qui auront lieu d’ici à juin prochain et dont les Conservateurs devraient être les grands vainqueurs. Il faudra également observer le score des libéraux-démocrates, arrivés à la deuxième place lors du scrutin local, et probablement des européennes. Ils pourraient bien, au moins un temps, profiter de la mauvaise santé du parti travailliste pour devenir le principal parti d’opposition, sans pour autant avoir beaucoup gagné en voix.

Lauric Henneton

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