Articles étiquettés ‘Euroscepticisme’
Une série d’articles publiés ces derniers jours:
- Alan Johnson, ministre de l’intérieur britannique, admet que la gestion de l’immigration a été ‘maladroite’ (Daily Telegraph)
- Un peu plus ancien, mais toujours dans le Daily Telegraph, un ancien conseiller de Tony Blair (entre autres) explique que la politique migratoire des travaillistes avait pour but la création d’un pays complètement métissé, surtout pour embêter la droite.
- Les universités vont devoir associer à chaque cursus un certain nombre d’indicateurs (débouchés professionnels, fréquences des devoirs etc.)
- Une chronique de David Finkelstein (Times) sur l’euroscepticisme de David Cameron
- Le coup de colère de Pierre Lellouche (ministre des affaires européennes) contre les Conservateurs britanniques, dangereusement ‘autiste’.
Côté américain:
- Comment un an au pouvoir a changé Barack Obama (Prospect)
- Deux articles du Washington Post sur la victoire des Républicains dans le New Jersey et en Virginie: ici et ici.
Lauric Henneton
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Deux articles particulièrement intéressants parus dans le dernier numéro de The Economist (attention, ils ne seront pas consultables éternellement!)
- le premier sur le centralisme britannique, et les projets décentralisateurs des Conservateurs
- l’autre, la chronique hebdomadaire de Bagehot sur David Cameron et ses fréquentations douteuses dans les partis de droite d’Europe de l’Est, et plsu particulièrement sur la cuisine interne des Conservateurs sur le sujet (donner des gages à l’aile la plus eurosceptique pour ensuite faire passer d’autres pilules ‘progressives’ pas forcément évidentes pour la base idéologique des Tories).
Lauric Henneton
Catégories : Politique britannique
Tagué : Conservateurs, David Cameron, Euroscepticisme, Grande-Bretagne, Union européenne
Education:
le nouveau président (vice chancellor) de l’Université d’Oxford, qui a auparavant travaillé à Princeton et Yale, voudrait que les bourses d’Oxford (déjà généreuses) soient augmentées afin de permettre aux étudiants méritants mais d’origine modeste d’avoir la possibilité de faire leurs études dans cette université prestigieuse. Evidemment, la question soulevée indirectement est celle des frais de scolarité (tuition fees).
Cour suprême:
le Royaume-Uni a maintenant sa propre cour suprême, indépendante du Parlement (anciennement partie de la Chambre des Lords). Q&A sur la BBC pour tout savoir en quelques minutes. Voir également cette petite vidéo.
Europe:
Un papier dans The Independent sur l’euroscepticisme en relation avec le référendum irlandais, les positions de David Cameron et le rapprochement franco-allemand. Moralité: contrairement à ce qu’on pense généralement, l’euroscepticisme n’est pas uniquement l’apanage de la droite (donc des Conservateurs).
Voir également deux papiers un peu contradictoires sur la relation franco-allemande à la suite des élections législatives allemandes du 27/09. Charles Bremner dans le Times voit dans la nouvelle convergence franco-allemande, bientôt formalisée par un traité, la mise sur la touche du Royaume-Uni, alors que, dans Slate.fr Eric Le Boucher insiste sur les divergences entre la France et l’Allemagne, notamment au niveau des grandes orientations économiques (politique de l’offre contre politique de la demande). En filigrane, à nouveau, cela pousse à s’interroger sur la place du Royaume-Uni dans l’UE, mais aussi sur les dynamiques entre les grandes organisations supranationales (ONU, OTAN, UE etc.)
Lauric Henneton
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Une synthèse brève mais complète des gagnants et des perdants des européennes en Grande-Bretagne, sur Politics.co.uk (Ian Dunt).
Egalement un petit papier sur la défaite historique des Travaillistes au pays de Galles (un véritable séisme politique dont on a du mal à prendre la mesure en France).
A suivre: lundi soir, réunion des députés travaillistes, il faudra surveiller les prises de position. Il n’est pas impossible (même si ce n’est pas le scénario le plus probable) que ce soit le dernier jour (un des derniers jours) de Gordon Brown au Number 10.
Lauric Henneton
Catégories : Politique britannique
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Quelques liens au milieu du déluge éditorial qui suit le scrutin européen, et quelques enseignements.
Il est indispensable de replacer les résultats nationaux dans leur contexte européen (expliquer la déroute des socialistes français et des travaillistes britanniques par des causes purement nationales n’est pas suffisant: c’est une tendance lourde à l’échelle de l’Europe).
Les partis conservateurs/libéraux l’emportent pratiquement partout, qu’ils soient au pouvoir (France, Allemagne) ou dans l’opposition (Royaume-Uni, Espagne), et même quand, au pouvoir, leur leader n’est forcément très populaire (Sarkozy, Berlusconi).
Ce sont souvent, mais pas systématiquement, des partis avec une part d’Euroscepticisme dans leur électorat.
Les partis d’extrême-droite, ou de droite souverainiste (eurosceptique) viennent compléter ces résultats (en Autriche, mais aussi et surtout au Royaume-Uni avec Ukip et le premier député européen du BNP, le Front national britannique).
Les Travaillistes enregistrent une défaite historique, qui n’a pas vraiment profité aux libéraux-démocrates, très pro-européens (il n’est pas envisageable que les mécontents du Labour se soient reportés sur Ukip, ou qu’il ait pu y avoir une hésitation entre un vote LibDem et un vote Ukip). Les Travaillistes, par ailleurs, sont battus au pays de Galles, ce qui n’était pas arrivé depuis 1918!
Outre-Manche il s’agit bien plus d’une déroute travailliste que d’une victoire des conservateurs, qui progressent très légèrement. Ils appelaient notamment à un vote sanction contre Brown, donc à portée nationale et pas européenne. Il faut maintenant regarder avec qui les Conservateurs vont s’allier au Parlement européen: le PPE, ou comme ils l’avaient laissé entendre, un certain nombre de partis très à droite, notamment de pays d’Europe de l’Est?
Quelques pages / portails qui permettent de s’y retrouver:
- La BBC
- France-Info pour la carte interactive de l’Europe
- Le Guardian pour sa carte interactive du Royaume-Uni et un article de synthèse
- Pour les plus curieux, PoliticsHome, comme chaque jour, donne les titres des articles politiques de toute la presse britannique: c’est le meilleur moyen de ne rien manquer!
- La privatisation partielle de Royal Mail devrait être ralentie, voire reportée, ce qui n’enlève pas la possibilité d’un putsch au sein du Labour (une alliance improbable entre les Blairistes de centre-gauche et la gauche du parti)

Photo: Stefan Rousseau/PA (Site du Guardian)
Lauric Henneton
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Peter Brookes / The Times
Au lendemain d’élections locales marquées par une large victoire conservatrice (qui préfigurerait celle à venir aux législatives?), Gordon Brown a remanié son cabinet, mais la fronde à son encontre ne diminue pas. Au contraire, les backbenchers (députés sans portefeuille ministériel) sont activement engagés dans une dynamique anti-Brown, faisant suite aux nombreuses démissions dans son cabinet (elles-mêmes à l’origine du remaniement).
Le Guardian propose une petite FAQ pour comprendre rapidement les enjeux de la situation actuelle.
Les paragraphes suivants permettent de bien saisir l’humeur des Travaillistes:
But a new poll of Labour activists brought further bad news for the prime minister, revealing that fewer than half of all party supporters want him to lead them into the next general election, with one in five urging him to quit now.
The poll of 800 party members carried out by YouGov for Channel 4 News found that one in three thought Labour stood no chance of winning a general election if Brown remained leader and 53% thought they would be better off if Tony Blair was still in Number 10.
On s’observe, on se demande qui y va, quand y aller, mais le “coup” est en train de se mettre en place. Les résultats des Européennes, dimanche, seront peut-être le signal du départ, mais ce serait peut-être prématuré. Et les “rebelles” ne sont peut-être pas (encore) assez nombreux pour pousser Brown à la démission. On saura lundi soir, au terme d’une réunion des députés travaillistes, si une pétition (qui doit compter 75 signatures) a été présentée.
Un autre article du Guardian permet de bien comprendre la réflexion des ‘rebelles’.
Si une attaque n’est finalement pas tentée lundi, il faudra attendre le projet de loi de privatisation partielle de Royal Mail qui pourrait être présenté en juin et devrait entraîner une levée de bouclier à gauche. La loi pourrait être votée uniquement grâce à l’appui des Conservateurs. Sauf s’ils retirent leur soutien pour faire chuter le Premier ministre. On peut aussi envisager une motion de défiance, comme en mars 1979, quand l’échec des référendums sur la dévolution avait entraîné le dépot par les nationalistes écossais mécontents d’une motion de défiance dont la principale bénéficiaire fut Margaret Thatcher. Un revers sur la Poste pourrait avoir les mêmes conséquences.
L’étape suivante est la convention annuelle (conference) du parti, fin septembre, avec l’élection du leader. On peut imaginer une candidature de contestation qui réunirait assez de soutien pour provoquer un deuxième tour de scrutin. On serait dans un scénario analogue à la fronde contre Margaret Thatcher en novembre 1990… ou la fronde contre Edward Heath en 1975, qui avait amené l’élection surprise de Margaret Thatcher comme leader du parti conservateur. En cas de retrait de Brown, on peut imaginer la candidature d’Alan Johnson comme homme du consensus, un peu à la manière de John Major, en attendant des législatives qui auront lieu d’ici à juin prochain et dont les Conservateurs devraient être les grands vainqueurs. Il faudra également observer le score des libéraux-démocrates, arrivés à la deuxième place lors du scrutin local, et probablement des européennes. Ils pourraient bien, au moins un temps, profiter de la mauvaise santé du parti travailliste pour devenir le principal parti d’opposition, sans pour autant avoir beaucoup gagné en voix.
Lauric Henneton
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Michael Foot en 1982
Gordon Brown bat des records d’impopularité. Crédité de 23% par le Mail on Sunday et de 26-27% par ailleurs, il est en dessous du plus bas historique réalisé par Michael Foot en 1983. On n’avait pas vu de tels chiffres depuis les années 1920 (à une époque de transition où le parti libéral ne s’était pas encore effondré et où un tripartisme éphémère diminuait automatiquement les résultats de chaque parti).
Dans les colonnes du Guardian, la chroniqueuse Polly Toynbee, travailliste historique, appelle (à son tour) Gordon Brown à démissionner, si possible avant les européennes du 4 juin, sinon dès le lendemain.
It’s all over for Brown and Labour. The abyss awaits. As long as he remains leader, there is nothing that wretched Labour candidates can plausibly say on the doorstep at next month’s European elections. They are struck dumb. Why should people vote for them? The horse manure bought on expenses is garnish for a decomposing government. The heart of the matter is the economy, and Brown’s responsibility for the bubble years. He personally is to blame for Labour’s failure to ensure that ordinary people on median incomes and poor people at the bottom received a bigger share in national growth: it turns out that they fell back and only the wealthy prospered. Labour made the rich richer and the poor poorer: growth for the few, not the many.
La dernière accusation, régulièrement formulée contre Margaret Thatcher, revient à faire à Brown un procès en thatchérisme. Toynbee poursuit:
That is a failure so fundamental to Labour’s purpose that the party can’t go into the next election led by the man responsible. His other failings as leader pale beside this one monumental fact. While he is there, Labour cannot claim “fairness” or “social justice”, so what is left to say? What is Labour’s offer?
Gordon Brown has been tested and found in want of almost every attribute a leader needs. Squalid dealings by his poisonous inner circle were exposed to the light of day; yet at the same time he lacks a leader’s necessary political cunning. Many hoped that the end of the rivalry with Blair would see Brown cast off his myrmidons. He didn’t. In the tussle between his better and his worse selves, too often the lesser man won.

Polly Toynbee
Le scandale des frais des députés (expenses) n’arrange évidemment rien à l’affaire, non que les travaillistes soient les seuls incriminés, mais parce qu’ils sont au pouvoir depuis 1997 et que c’est par conséquent à eux, en priorité, de réécrire des règles qui ne seraient plus adaptées. Les retombées du scandale, révélé sur plusieurs jours par le Daily Telegraph, quotidien de droite qui n’a pas pourtant pas épargné les Conservateurs, se font sentir sur les deux grands partis, qui chutent dans les sondages, au profit, un peu automatique, des libéraux-démocrates (alors encore épargnés) et des petits partis (UKIP, BNP, Verts…, qui ne seront sûrement pas touchés étant donné leur faible nombre de députés). En fait, le Daily Telegraph a publié hier ses révélations sur les libéraux-démocrates, mais il faudra attendre les prochains sondages pour connaître leur effet sur les intentions de vote.
Egalement intéressants, cette chronique de l’euroscepticisme ordinaire, par le correspondant bruxellois de la BBC au cours de son périple européen en amont des élections de début juin (4 juin outre-Manche, 7 juin en France), et cette carte interactive des circonscriptions parlementaires du Royaume-Uni, où sont consultables de très nombreuses données, notamment sur les circonscriptions “ouvertes” (marginal seats).
Lauric Henneton
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Gestion de l’immigration
Hazel Blears (secrétaire d’état aux “communautés”) annonce que les immigrants (hors UE) devront s’acquitter d’une sorte de droit d’entrée de £50 pour participer aux dépenses induites par l’immigration. La polémique ne s’est pas fait attendre: à gauche on pense que c’est une stigmatisation de l’immigration, à droite on estime que c’est “trop peu, trop tard”.
Phil Woolas, ministre en charge de l’immigration, a annoncé de son côté qu’un projet franco-britannique de centre de rétention des candidats à l’immigration allait voir le jour près de Calais. Problème: ses collaborateurs n’étaient pas au courant (ce n’est pas la première fois) et son homologue français, Eric Besson, trouve l’idée d’un “nouveau Sangatte” ridicule.
David Cameron et le Conservatisme progressif
Dans le Spectator, David Cameron publie une tribune dans laquelle il explique entre autres que les Conservateurs ne doivent pas simplement profiter du mécontentement populaire à l’encontre des Travaillistes et remporter une victoire par défaut, mais remporter une véritable victoire fondée sur un vote d’adhésion. Les raisons qu’il donne de voter Conservateur restent assez floues, au-delà des déclarations d’intention. L’idée générale est de rendre “le pouvoir au peuple” en combattant le “nanny state” ultracentralisé mis en place par les Travaillistes. Donc une forme de décentralisation vers les local communities (que Thatcher, paradoxalement, détestait parce qu’elles étaient souvent contrôlées par les Travaillistes). Autre point amusant, Cameron explique que la différence fondamentale entre les Travaillistes et les Conservateurs est que le parti au pouvoir est “pessimiste” quant à la nature humaine et que cette défiance se traduit par une Etat plus centralisé qui décide à la place de l’individu, alors que son parti, lui, est plus optimiste et qu’il trouve donc qu’il faut redonner à l’individu le pouvoir dont les (Néo)Travaillistes l’ont privé. Thatcher privilégiait déjà l’individu contre l’Etat tout puissant (socialiste, donc crypto-staliniste dixit la Dame de fer), mais traditionnellement c’est plutôt l’inverse: une droite méfiante par rapport à la “bonté” de l’Homme et une gauche plus angélique. Les temps changent.
David Cameron, tout à sa plume, signe également une tribune dans l’Independent : en ces temps de crise, il faut lutter contre l’endettement de l’Etat et limiter la dépense publique, mais pas de manière indiscriminée: la cure d’amaigrissement de l’Etat doit refléter le “Conservatisme progressif” ou le “Progressime conservateur” (au choix) qui n’est pas sans rappeler le “Compassionate conservatism” des Républicains en 2000. Encore une fois, c’est assez vague, mais il s’agit de ne pas faire peur aux électeurs.
Une rupture travailliste?
Charles Clarke, ancien ministre de l’intérieur, explique dans une tribune parue dans le Guardian que les Travaillistes peuvent gagner la prochaine élection générale s’ils incarnent la rupture (alors qu’ils sont au pouvoir depuis 1997). L’idée générale est que la crise appelle des solutions de centre-gauche, et pas un Conservatisme qu’il associe (de bonne guerre) à Thatcher, et dont les différents gouvernements travaillistes depuis 1997 (dont il a fait partie) n’étaient que le prolongement. Il s’agirait donc de mettre un terme à un consensus (post-)thatchérien en vigueur depuis 1979.
L’Europe indispensable
Un éditorial de l’Independent rappelle enfin qu’entre les Etats-Unis et l’Europe, le Royaume-Uni ne peut pas s’en sortir seul et qu’il a plus que jamais besoin de l’Europe.
Lauric Henneton
Catégories : Economie britannique · Immigration · Politique britannique
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