Articles étiquettés ‘Exurbs’
Deux articles récents et complémentaires dans la presse magazine américaine:
- Le géographe Joel Kotkin dans Newsweek, sur une forme de sédentarisation des Américains, assez inédite.
- Rich Benjamin, du think tank Demos, dans l’American Prospect, sur ce qu’il appelle les ‘Whitopias‘, des communautés homogènes (blanches) qui attirent notamment les jeunes parents et les retraités qui fuient les grandes villes et les banlieues.
Lauric Henneton
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Tagué : Exurbs, Géographie politique

Copyright NYTimes Company 2009
Un article du New York Times évoque le cas d’une exurb représentative de beaucoup d’autres, Lehigh Acres, en Floride, où Obama doit se rendre mardi, et où la rapidité de l’expansion n’a d’équivalent que la rapidité de l’effondrement.
Residents remember the boom for its noise, with dump trucks lining the streets and power tools heard in nearly every neighborhood. Housing prices doubled, then tripled, and jobs were plentiful, nearly all of them tied to real estate. (…)
In Lehigh Acres, homes are selling at 80 percent off their peak prices. Only two years after there were more jobs than people to work them, fast-food restaurants are laying people off or closing. Crime is up, school enrollment is down, and one in four residents received food stamps in December, nearly a fourfold increase since 2006. (…)
A noter, la part de spéculation dans la naissance de la “ville” et son explosion très récente, ainsi que la solidarité autour de l’Eglise luthérienne.
Lauric Henneton
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Tagué : Barack Obama, crise économique, Exurbs

Tim Kaine - Photo AP
Le démocrate Tim Kaine, gouverneur de Virginie depuis 2005, vient d’être nommé à la tête du Democratic National Committee (DNC).
Un temps pressenti pour la vice-présidence (mais trop jeune lui-même pour équilibrer la jeunesse d’Obama, d’où le choix de Biden, en partie), Kaine est un catholique décomplexé de 51 ans qui a réussi à se faire élire gouverneur dans un Etat pourtant traditionnellement républicain.
Son principal fait d’arme? Son élection de 2005 est en grande partie due à sa victoire dans les comtés ‘exurbains’ du nord de la Virginie, à la périphérie de Washington (Loudoun, Prince William, Fairfax dans une moindre mesure). C’est dans les mêmes comtés que s’est jouée la victoire d’Obama en Virginie, victoire elle-même loin d’être évidente sur le papier.
La victoire de Kaine dans les ‘Exurbs’ est donc mise en avant et avec elle, une stratégie de conquête de ces zones politiquement tangeantes à mesure qu’elles s’urbanisent (elles sont d’abord républicaines quand la densité est très faible puis deviennent de plus en plus démocrate, surtout quand la crise s’en mèle).
Nouvelle preuve s’il en était encore besoin de l’importance des ‘exurbs’ dans le dispositif stratégique des Démocrates. Preuve également d’une stratégie de (re)conquête à long terme: les Démocrates ne se reposent donc pas sur les lauriers de leur double victoire récente (présidence + Congrès).
Lauric Henneton
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Tagué : Barack Obama, Congrès, crise économique, Exurbs, Joe Biden, parti démocrate, stratégie, swing states, Tim Kaine
De nombreux observateurs s’accordent à considérer les exurbs, ces banlieues résidentielles au-delà des premiers cercles suburbains, comme une clé possible, ou probable, de l’élection qui départagera Barack Obama et John McCain le 4 novembre prochain.
Traditionnellement, si tant est que l’on puisse parler de tradition dans ces espaces nouveaux, la sociologie des exurbs en faisait des bastions républicains. En 2000 et plus encore en 2004, George W. Bush y a trouvé un soutien qui aurait fait la différence face à ses adversaires démocrates.
Or, cette sociologie s’est complexifiée à mesure que les exurbs étaient de moins en moins à la frontière de l’urbanisation. En d’autres termes, en se peuplant, elles ont attiré des populations plus sensibles aux arguments des Démocrates. A ce processus de suburbanisation (donc d’urbanisation diluée) se sont greffés deux facteurs économiques déterminants: la crise du subprime, avec son lot d’expropriations (foreclosures) et l’effondrement des prix de l’immobilier, et l’explosion simultanée du prix du pétrole, donc de l’essence, particulièrement douloureuse quand on choisit d’habiter loin de tout (et donc de son lieu de travail) pour pouvoir s’offrir une maison bien plus grande que pour le même prix plus près du centre urbain.
Un excellent article du Washington Post s’attache à présenter la situation actuelle des exurbs américaines, notamment (régionalisme oblige), les exurbs du nord de la Virginie (Loudoun, Prince William, et dans une moindre mesure maintenant Fairfax). Une des qualités de cet article est de présenter succintement les différents points qui peuvent faire pencher un électeur indécis d’un côté ou de l’autre: certains seront sensibles à leur situation économique actuelle et se tourneront vers les Démocrates, alors qu’il y a quatre ans, les promesses de baisses d’impôts des Républicains les avaients séduits. Pour d’autres, leur opposition à l’avortement ou à toute limitation de la législation sur les armes à feu les feront rester du côté républicain, même si leur situation économique se détériore.
Lauric Henneton
Catégories : Démographie · Elections US 2008 · Exurbs · Géographie politique · Politique US
Tagué : Exurbs, parti démocrate, parti républicain, Virginie

Photo: Leah L. Jones pour le Washington Post
Howard Kurtz (Washington Post) consacre un article très intéressant à David Brooks, l’un des chroniqueurs phares du New York Times, journal de centre-gauche où il joue les trouble-fête de centre-droit.
Même si parfois l’article fait un peu notice nécrologique, Kurtz revient de manière très pertinente sur l’itinéraire personnel et intellectuel de Brooks, notamment sur ses prises de position de ces dernières années, sur la guerre en Irak, bien sûr, mais aussi sur McCain et Obama, ainsi que plus récemment sur Palin. Et Brooks, comme d’autres chroniqueurs conservateurs, dont Charles Krauthammer du Washington Post, n’est convaincu par aucun des trois.
L’occasion de découvrir une figure assez insaisissable du paysage journalistique américain, plume alerte à l’humour féroce et irrésistible, surtout quand il n’est pas cantonné aux 800 mots de sa chronique.
A lire absolument: On Paradise Drive: How We Live Now (and always have) in the Future Tense (2004), voyage initiatico-sociologique qui part des grands centres urbains où vivent des élites sophistiquées (les “bobos”, terme inventé par … David Brooks en 2001) jusqu’aux “exurbs”, ces banlieues au-delà des banlieues qui ont explosé jusqu’à la double crise récente de l’immobilier et du prix du baril.
Lauric Henneton
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Tagué : Conservateurs, David Brooks, Exurbs, presse américaine
Après l’article du géographe Joel Kotkin dans le LA Times de dimanche – qui contrairement à ce qu’on lit partout estime que la flambée du prix de l’essence et la crise immobilière ne vont pas sonner le glas des “exurbs” – un papier d’AP relayé (entre autres) par le San Diego Union Tribune revient sur les efforts démocrates dans ces banlieues très excentrées, où G. W. Bush aurait acquis les voix qui firent la différence en 2004, notamment dans le “battleground state” qu’est l’Ohio.
“The exurb counties are going to be critical,” says Ed Helvy, chairman of the Democratic Party here in Delaware County. Four years ago, he says, John Kerry steered clear of such areas, “thought he could just grow the base and win the election and that didn’t happen.”
Nationwide, exurban areas – far-flung residential areas out beyond the traditional suburbs – grew about 31 percent during the 1990s, according to a Brookings Institution analysis. That’s twice the rate of their respective urban centers. Delaware County grew by two-thirds in that decade, according to the Census Bureau. Between 2000 and 2006, the county increased 43 percent.
A lire également un long article de Ross Douthat et Reihan Salam dans The National Review, où est posée une des équations centrales des élections de novembre: qui va emporter les classes moyennes supérieures? Extraits:
There was a time when this group was the backbone of the GOP. The correlation between rising education levels and rising Republican affiliation was once a constant in American politics: Except for the LBJ landslide, managers and professionals voted for the GOP ticket in every presidential election between 1952 and 1988. Well-educated voters in that era tended to identify with business rather than with government; they valued fiscal prudence over liberal extravagance, and social stability over rapid change; and they prized a suburban way of life that seemed threatened first by creeping statism and then by the left-wing radicalism of the 1960s.
But as America changed, so did the upper middle class, growing larger and steadily more liberal. The upheavals of the 1960s produced a generation raised in affluence but steeped in a radicalism that would diminish but not disappear with age. The causes of their youth — feminism, environmentalism, secularism, gay rights — became the orthodoxies of their adulthood, and the result was the rise of an upper-middle-class lifestyle politics defined by its rejection of mid-century social norms and its support for the new social order that the 1960s and 1970s had ushered in.
…
In upcoming decades, then, the GOP will increasingly be in a position with the upper middle class that the Democrats have been in with the working class since the Clinton era: It’s a demographic they don’t need to win outright, but one in which they can’t afford to get slaughtered on Election Day. Obviously there’s no imaginable future in which the Republican party wins over Bobo bastions like San Francisco and Cambridge, Mass. But if the national GOP wants to win 55 percent of the vote instead of 51 percent, and to compete in 50 states — as Nixon and Reagan did — rather than 35, it isn’t enough to reconstitute the Bush majority; it needs to be expanded as well.
Lauric Henneton
Catégories : Elections US 2008 · Exurbs
Tagué : Démographie, Exurbs, GOP, Ohio