Articles étiquettés ‘Gordon Brown’
Education:
le nouveau président (vice chancellor) de l’Université d’Oxford, qui a auparavant travaillé à Princeton et Yale, voudrait que les bourses d’Oxford (déjà généreuses) soient augmentées afin de permettre aux étudiants méritants mais d’origine modeste d’avoir la possibilité de faire leurs études dans cette université prestigieuse. Evidemment, la question soulevée indirectement est celle des frais de scolarité (tuition fees).
Cour suprême:
le Royaume-Uni a maintenant sa propre cour suprême, indépendante du Parlement (anciennement partie de la Chambre des Lords). Q&A sur la BBC pour tout savoir en quelques minutes. Voir également cette petite vidéo.
Europe:
Un papier dans The Independent sur l’euroscepticisme en relation avec le référendum irlandais, les positions de David Cameron et le rapprochement franco-allemand. Moralité: contrairement à ce qu’on pense généralement, l’euroscepticisme n’est pas uniquement l’apanage de la droite (donc des Conservateurs).
Voir également deux papiers un peu contradictoires sur la relation franco-allemande à la suite des élections législatives allemandes du 27/09. Charles Bremner dans le Times voit dans la nouvelle convergence franco-allemande, bientôt formalisée par un traité, la mise sur la touche du Royaume-Uni, alors que, dans Slate.fr Eric Le Boucher insiste sur les divergences entre la France et l’Allemagne, notamment au niveau des grandes orientations économiques (politique de l’offre contre politique de la demande). En filigrane, à nouveau, cela pousse à s’interroger sur la place du Royaume-Uni dans l’UE, mais aussi sur les dynamiques entre les grandes organisations supranationales (ONU, OTAN, UE etc.)
Lauric Henneton
Catégories : Education · Politique britannique
Tagué : Conservateurs, crise économique, David Cameron, Education, Euroscepticisme, Gordon Brown, Grande-Bretagne, Parlement britannique, Réforme de la Chambre des Lords, Union européenne
Billet de rentrée ce week-end sur Ospoma avec quelques articles des semaines précédentes.
Pour les inconditionnels des sondages, la tendance de l’été est restée stable avec les Conservateurs toujours en tête avec une fourchette de 40-43%, les Travaillistes avec 24 à 28% et les Libéraux-Démocrates entre 17 et 21%. L’excellent blog UKPollingReport donne comme dernière moyenne 41-26-19, avec une projection de 88 sièges pour une nouvelle majorité tory.
Il est de plus en plus question, le jour de l’élection générale qui doit intervenir d’ici au printemps prochain, de doubler le scrutin législatif d’un référendum sur le mode de scrutin. Il s’agirait de demander aux électeurs s’ils veulent conserver le scrutin majoritaire actuel (first past the post), réputé injuste (quand on perd les élections en tout cas) ou s’ils veulent passer à un mode de scrutin partiellement proportionnel, destiné à refléter plus fidèlement le vote des électeurs.
Les Travaillistes s’engagent donc sur une voie plébiscitée par les Libéraux-Démocrates depuis des années; les Conservateurs, eux, sont opposés aux réformes proposées. Certains disent que le revirement des Travaillistes est dû à la certitude qu’ils vont perdre la prochaine élection et qu’ils essaient de s’attirer les faveurs des électeurs libéraux-démocrates. En effet, malgré les promesses de Tony Blair il y a plus de 10 ans, rien n’a été fait en la matière. (Voir le billet du 26 juillet dernier.)
Autre réforme promise de longue date par les Travaillistes et finalement peu avancée, la Réforme d’une Chambre des Lords présentée comme archaïque (mais qui s’en défend notamment sur YouTube). Les Lords ont perdu leur droit héréditaire à siéger à la Chambre haute et il ne reste que 92 aristocrates qui font la jonction. Les autres sont des membres nommés à vie par le pouvoir en place (life peers) généralement pour service rendu – idéalement au pays, parfois pourtant au Parti et à ses finances. Jack Straw, ministre de la justice, a annoncé fin août que la réforme pourrait prendre beaucoup plus longtemps qu’on le pensait.
Enfin, dernier point, au carrefour de la démographie et de la géographie, une enquête réalisée par Orange, et dont la méthodologie n’est pas forcément irréprochable, tendrait à montrer que les habitants des Midlands seraient particulièrement enclins à quitter leur région, surtout pour s’établir dans les comtés du sud-ouest de l’Angleterre ou de Londres. La possibilité du télétravail, rendue plus aisée par la généralisation (à venir) des connexions haut débit, accélèrerait cet exode. Reste que certaines personnes qui pratiquent déjà le télétravail expliquent que les grands mouvements de population qu’on avait annoncé n’ont finalement jamais eu lieu.
Lauric Henneton
Catégories : Politique britannique · Société britannique
Tagué : Démographie, Gordon Brown, Grande-Bretagne, libéraux-démocrates, Parlement britannique, parti travailliste, Réforme de la Chambre des Lords, réforme du mode de scutin, sondages, stratégie, Tony Blair
The Independent revient sur la dernière conférence de presse du Premier ministre britannique Gordon Brown avant les vacances parlementaires. Brown explique que l’année a été dure, mais que ça n’a pas été la plus difficile qu’il ait eu à affronter… sans préciser de laquelle il s’agit. Il se dédouane également: le négatif était globalement indépendant de sa volonté: ça reste à voir.
Le même article propose une liste des “hauts” et des “bas” de l’année, que voici:
Gordon’s lows
* Labour’s defeat in Glasgow East by-election a year ago
* Aide Damian McBride quits
* Embarrassing YouTube video on MPs’ expenses in April
* Commons defeat on Gurkhas
* Resignation of James Purnell
Gordon’s highs
* Rescuing banks last October
* Making up with Mandelson
* Labour win in Glenrothes by-election last November
* G20 London summit in April
* Surviving coup last month
Autre article de The Independent d’aujourd’hui consacré à Chloe Smith, candidate conservatrice à une élection partielle à Norwich North, occasionnée par la démission du député travailliste précédent pour son implication dans le scandale des notes de frais. A 27 ans, celle qui est annoncée comme la favorite des sondages deviendrait la benjamine de la Chambre des Communes, la plus jeune conservatrice élu à la Chambre (et la première MP prénommée Chloe, mais c’est déjà plus anecdotique).

Chloe Smith (Photo Susannah Ireland, The Independent)
Lauric Henneton
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Tagué : Conservateurs, Gordon Brown, Grande-Bretagne, Parlement britannique
Dans une tribune dans le Financial Times, les universitaires Niall Ferguson et Glen O’Hara expliquent pourquoi c’est loin d’être gagné d’avance pour les Conservateurs, notamment en revenant sur le parallèle entre la période actuelle et les années 1990. Les Conservateurs d’aujourd’hui ne sont pas le New Labour d’hier, selon eux.
Dans The Independent, Steve Richards explique que l’intervention de Gordon Brown, hier, marque le début de ce qui sera une longue campagne électorale d’environ un an.
Enfin le Western Mail gallois consacre un article à David Melding, un assembly member conservateur qui vient de publier un livre expliquant pourquoi la solution fédérale est la plus apropriée pour le Royaume-Uni. Les Conservateurs sont traditionnellement ‘unionistes’, donc opposés à toute forme de fédéralisme, contrairement aux Libéraux-démocrates, par exemple. C’est donc là un véritable pavé dans la marre que signe David Melding.
Lauric Henneton
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Un sondage ComRes pour The Independent, réalisé entre les résultats des élections locales et ceux des européennes, en plus de la question traditionnelle sur les intentions de vote, proposait aux personnes interrogées un choix de leaders autres que Gordon Brown à la tête du Parti travailliste. Parmi eux, Jack Straw, David Miliband ou encore Jon Cruddas, Ed Balls, James Purnell et Hariet Harman. Tous sont donnés perdants (y compris Brown, bien sûr) face aux Conservateurs. Tous? Non. Seul Alan Johnson, qu’on présente de plus en plus comme la figure la plus consensuelle pour succéder à Brown, parviendrait (le conditionnel est important) à priver les Tories d’une majorité en sièges à la Chambre des Communes (malgré une défaite en voix).
Que faire d’un tel sondage? D’abord, on se souvient que ComRes est l’institut qui, le 30 mai, avait donné les Conservateurs à 30%, ce qui constituait clairement une anomalie. Le UKPollingReport discute utilement ce nouveau sondage, et son utilité relative. Très brièvement: un tel sondage n’est pas une nouveauté, il n’indique rien de fiable pour l’avenir, mais il peut avoir un impact sur les acteurs politiques, et pourrait à ce titre accélérer un débat autour du leadership du parti.
En attendant, Gordon Brown a encore survécu, lundi soir, à une réunion à haut risque du Parliamentary Labour Party, que l’on annonçait comme une sorte de nuit des longs couteaux dont il pouvait être la victime expiatoire. Brown n’en finit pas d’être fini, mais il est toujours là. Et tout compte fait, il pourrait bien être encore là en juin 2010 pour affronter les Conservateurs.
Question: est-ce dans l’intérêt du parti? Question connexe: que peuvent faire, que vont faire ceux qui, au sein du Labour, pensent que Brown est la garantie d’une déroute historique?
Lauric Henneton
Catégories : Politique britannique
Tagué : Alan Johnson, Conservateurs, David Cameron, Gordon Brown, Grande-Bretagne, Parlement britannique, parti travailliste, sondages, stratégie
Une synthèse brève mais complète des gagnants et des perdants des européennes en Grande-Bretagne, sur Politics.co.uk (Ian Dunt).
Egalement un petit papier sur la défaite historique des Travaillistes au pays de Galles (un véritable séisme politique dont on a du mal à prendre la mesure en France).
A suivre: lundi soir, réunion des députés travaillistes, il faudra surveiller les prises de position. Il n’est pas impossible (même si ce n’est pas le scénario le plus probable) que ce soit le dernier jour (un des derniers jours) de Gordon Brown au Number 10.
Lauric Henneton
Catégories : Politique britannique
Tagué : Conservateurs, crise économique, David Cameron, Euroscepticisme, Gordon Brown, Grande-Bretagne, libéraux-démocrates, parti travailliste, Pays de Galles, Union européenne
Quelques liens au milieu du déluge éditorial qui suit le scrutin européen, et quelques enseignements.
Il est indispensable de replacer les résultats nationaux dans leur contexte européen (expliquer la déroute des socialistes français et des travaillistes britanniques par des causes purement nationales n’est pas suffisant: c’est une tendance lourde à l’échelle de l’Europe).
Les partis conservateurs/libéraux l’emportent pratiquement partout, qu’ils soient au pouvoir (France, Allemagne) ou dans l’opposition (Royaume-Uni, Espagne), et même quand, au pouvoir, leur leader n’est forcément très populaire (Sarkozy, Berlusconi).
Ce sont souvent, mais pas systématiquement, des partis avec une part d’Euroscepticisme dans leur électorat.
Les partis d’extrême-droite, ou de droite souverainiste (eurosceptique) viennent compléter ces résultats (en Autriche, mais aussi et surtout au Royaume-Uni avec Ukip et le premier député européen du BNP, le Front national britannique).
Les Travaillistes enregistrent une défaite historique, qui n’a pas vraiment profité aux libéraux-démocrates, très pro-européens (il n’est pas envisageable que les mécontents du Labour se soient reportés sur Ukip, ou qu’il ait pu y avoir une hésitation entre un vote LibDem et un vote Ukip). Les Travaillistes, par ailleurs, sont battus au pays de Galles, ce qui n’était pas arrivé depuis 1918!
Outre-Manche il s’agit bien plus d’une déroute travailliste que d’une victoire des conservateurs, qui progressent très légèrement. Ils appelaient notamment à un vote sanction contre Brown, donc à portée nationale et pas européenne. Il faut maintenant regarder avec qui les Conservateurs vont s’allier au Parlement européen: le PPE, ou comme ils l’avaient laissé entendre, un certain nombre de partis très à droite, notamment de pays d’Europe de l’Est?
Quelques pages / portails qui permettent de s’y retrouver:
- La BBC
- France-Info pour la carte interactive de l’Europe
- Le Guardian pour sa carte interactive du Royaume-Uni et un article de synthèse
- Pour les plus curieux, PoliticsHome, comme chaque jour, donne les titres des articles politiques de toute la presse britannique: c’est le meilleur moyen de ne rien manquer!
- La privatisation partielle de Royal Mail devrait être ralentie, voire reportée, ce qui n’enlève pas la possibilité d’un putsch au sein du Labour (une alliance improbable entre les Blairistes de centre-gauche et la gauche du parti)

Photo: Stefan Rousseau/PA (Site du Guardian)
Lauric Henneton
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Peter Brookes / The Times
Au lendemain d’élections locales marquées par une large victoire conservatrice (qui préfigurerait celle à venir aux législatives?), Gordon Brown a remanié son cabinet, mais la fronde à son encontre ne diminue pas. Au contraire, les backbenchers (députés sans portefeuille ministériel) sont activement engagés dans une dynamique anti-Brown, faisant suite aux nombreuses démissions dans son cabinet (elles-mêmes à l’origine du remaniement).
Le Guardian propose une petite FAQ pour comprendre rapidement les enjeux de la situation actuelle.
Les paragraphes suivants permettent de bien saisir l’humeur des Travaillistes:
But a new poll of Labour activists brought further bad news for the prime minister, revealing that fewer than half of all party supporters want him to lead them into the next general election, with one in five urging him to quit now.
The poll of 800 party members carried out by YouGov for Channel 4 News found that one in three thought Labour stood no chance of winning a general election if Brown remained leader and 53% thought they would be better off if Tony Blair was still in Number 10.
On s’observe, on se demande qui y va, quand y aller, mais le “coup” est en train de se mettre en place. Les résultats des Européennes, dimanche, seront peut-être le signal du départ, mais ce serait peut-être prématuré. Et les “rebelles” ne sont peut-être pas (encore) assez nombreux pour pousser Brown à la démission. On saura lundi soir, au terme d’une réunion des députés travaillistes, si une pétition (qui doit compter 75 signatures) a été présentée.
Un autre article du Guardian permet de bien comprendre la réflexion des ‘rebelles’.
Si une attaque n’est finalement pas tentée lundi, il faudra attendre le projet de loi de privatisation partielle de Royal Mail qui pourrait être présenté en juin et devrait entraîner une levée de bouclier à gauche. La loi pourrait être votée uniquement grâce à l’appui des Conservateurs. Sauf s’ils retirent leur soutien pour faire chuter le Premier ministre. On peut aussi envisager une motion de défiance, comme en mars 1979, quand l’échec des référendums sur la dévolution avait entraîné le dépot par les nationalistes écossais mécontents d’une motion de défiance dont la principale bénéficiaire fut Margaret Thatcher. Un revers sur la Poste pourrait avoir les mêmes conséquences.
L’étape suivante est la convention annuelle (conference) du parti, fin septembre, avec l’élection du leader. On peut imaginer une candidature de contestation qui réunirait assez de soutien pour provoquer un deuxième tour de scrutin. On serait dans un scénario analogue à la fronde contre Margaret Thatcher en novembre 1990… ou la fronde contre Edward Heath en 1975, qui avait amené l’élection surprise de Margaret Thatcher comme leader du parti conservateur. En cas de retrait de Brown, on peut imaginer la candidature d’Alan Johnson comme homme du consensus, un peu à la manière de John Major, en attendant des législatives qui auront lieu d’ici à juin prochain et dont les Conservateurs devraient être les grands vainqueurs. Il faudra également observer le score des libéraux-démocrates, arrivés à la deuxième place lors du scrutin local, et probablement des européennes. Ils pourraient bien, au moins un temps, profiter de la mauvaise santé du parti travailliste pour devenir le principal parti d’opposition, sans pour autant avoir beaucoup gagné en voix.
Lauric Henneton
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