And the winner is …. Sarah Palin!
Contre toute attente, John McCain a choisi pour colistière quelqu’un dont le nom avait été évoqué plusieurs fois dans les semaines passées pour être écarté aussitôt (“pas assez d’expérience”). En même temps, quand on veut choisir un(e) jeune (puisqu’on a 72 ans et que la mort guette, à en croire la presse…) extérieur(e) au sérail washingtonien, il est difficile de trouver un(e) expert(e) en … tout. (Si Palin avait, par je ne sais quel hasard, eu une expérience en matière de politique étrangère, on lui aurait reproché de ne pas en avoir en économie, ou l’inverse).
Bref, un choix qui, a posteriori, n’est pas si surprenant que cela, surtout quand on pense en termes de mobilisation. En dépit du déchainement médiatique, à l’affut du moindre microscandale ou de la moindre microbourde (la macrobourde étant une spécialité de Joe Biden), Sarah Palin “électrise” la base conservatrice du Parti républicain. Effet escompté, mission accomplie. D’autant que cette mobilisation, qui commence à payer en termes bassement financiers, va se transformer en petites mains qui vont faire du porte à porte, envoyer des tracts, passer des coups de fil. Ce qu’ils n’auraient pas fait pour un ticket McCain-Lieberman (tout de même improbable) ou McCain-Romney.
A surveiller également dans les semaines à venir l’impact local qu’aura Palin dans certains états de l’Ouest, qui sont pour l’instant très partagés. Après tout, c’est une authentique fille de l’Ouest qui partage beaucoup avec les habitants de ces états.
A surveiller enfin, l’impact éventuel (plus difficile) sur les cols bleus, notamment dans la “Rust Belt”, qui compte des états-clé, et qui n’ont guère montré d’enthousiasme à l’endroit de Barack Obama lors des primaires démocrate. Ce qui ne veut pas dire, bien entendu, que les “clintoniennes” vont devenir ipso facto d’irréductibles “paliniennes”. Cette transformation, dans l’ensemble assez saugrenue, ne devrait se produire qu’à la marge. C’est surtout sur les indécis et les indépendants qu’un impact quelconque pourrait se vérifier. Sans oublier la fameuse base conservatrice, sans laquelle rien n’est possible, et qu’il faut savoir mobiliser pour espérer l’emporter, comme Karl Rove l’a réussi en 2004.
Ensuite il faut voir si Palin serait apte à gouverner, le cas échéant. Mais la question se pose pour l’ensemble des candidats.
Lauric Henneton