Observatoire Socio-Politique du Monde Anglophone

Articles étiquettés ‘Joe Biden’

ExurbWatch: Tim Kaine à la tête du DNC

Lundi 5 janvier 2009 · Laisser un commentaire

Tim Kaine - Photo AP

Tim Kaine - Photo AP

Le démocrate Tim Kaine, gouverneur de Virginie depuis 2005, vient d’être nommé à la tête du Democratic National Committee (DNC).

Un temps pressenti pour la vice-présidence (mais trop jeune lui-même pour équilibrer la jeunesse d’Obama, d’où le choix de Biden, en partie), Kaine est un catholique décomplexé de 51 ans qui a réussi à se faire élire gouverneur dans un Etat pourtant traditionnellement républicain.

Son principal fait d’arme? Son élection de 2005 est en grande partie due à sa victoire dans les comtés ‘exurbains’ du nord de la Virginie, à la périphérie de Washington (Loudoun, Prince William, Fairfax dans une moindre mesure). C’est dans les mêmes comtés que s’est jouée la victoire d’Obama en Virginie, victoire elle-même loin d’être évidente sur le papier.

La victoire de Kaine dans les ‘Exurbs’ est donc mise en avant et avec elle, une stratégie de conquête de ces zones politiquement tangeantes à mesure qu’elles s’urbanisent (elles sont d’abord républicaines quand la densité est très faible puis deviennent de plus en plus démocrate, surtout quand la crise s’en mèle).

Nouvelle preuve s’il en était encore besoin de l’importance des ‘exurbs’ dans le dispositif stratégique des Démocrates. Preuve également d’une stratégie de (re)conquête à long terme: les Démocrates ne se reposent donc pas sur les lauriers de leur double victoire récente (présidence + Congrès).

Lauric Henneton

Catégories : Exurbs · Géographie politique · Politique US
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Sarah Palin, Joe Biden: baptêmes du feu

Lundi 15 septembre 2008 · Laisser un commentaire

Premier entretien avec Sarah Palin sur un grand réseau national–mené par Charles Gibson (ABC news), jeudi 11.  La candidate à la vice-présidence s’est attachée à montrer sa compétence sur un terrain où les doutes étaient forts–la politique étrangère. Visiblement l’équipe de campagne lui avait fait réviser ses fiches, sans gommer une certaine raideur dans la répétition des mêmes formules (“to stop the terrorists who are hell-bent on destroying America and our allies”). Mais elle avait oublié la “doctrine Bush”, qui justifie les attaques préventives en dehors de  menaces imminentes, d’où un moment inconfortable où Charles Gibson insiste comme un examinateur pour avoir une réponse précise, pas un “brouillage verbal”. Ce qui ne l’a pas empêchée, le même jour anniversaire du 11 septembre, de s’adresser aux soldats (dont son fils) qui quittaient une base de l’Alaska pour l’Irak en leur disant qu’ils partaient combattre “les ennemis qui ont planifié et mis en oeuvre la mise à mort de milliers d’Américains et s’en sont réjoui”, en faisant comme Bush le lien entre le 11 septembre et l’Irak.

La compétence de Joe Biden en matière de politique étrangère n’est généralement pas mise en doute, mais il peut faire des gaffes monumentales qui font les choux gras des bloggeurs républicains, comme lorsqu’il demande à Chuck Graham, qui est en fauteuil roulant, de se lever pour que tout le monde le voie. Prétend-il avoir le pouvoir de guérir les paralytiques?

Jacques Pothier

Catégories : Elections US 2008 · Politique US
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Le deuxième effet Palin

Lundi 1 septembre 2008 · Laisser un commentaire

And the winner is …. Sarah Palin!

Contre toute attente, John McCain a choisi pour colistière quelqu’un dont le nom avait été évoqué plusieurs fois dans les semaines passées pour être écarté aussitôt (“pas assez d’expérience”). En même temps, quand on veut choisir un(e) jeune (puisqu’on a 72 ans et que la mort guette, à en croire la presse…) extérieur(e) au sérail washingtonien, il est difficile de trouver un(e) expert(e) en … tout. (Si Palin avait, par je ne sais quel hasard, eu une expérience en matière de politique étrangère, on lui aurait reproché de ne pas en avoir en économie, ou l’inverse).

Bref, un choix qui, a posteriori, n’est pas si surprenant que cela, surtout quand on pense en termes de mobilisation. En dépit du déchainement médiatique, à l’affut du moindre microscandale ou de la moindre microbourde (la macrobourde étant une spécialité de Joe Biden), Sarah Palin “électrise” la base conservatrice du Parti républicain. Effet escompté, mission accomplie. D’autant que cette mobilisation, qui commence à payer en termes bassement financiers, va se transformer en petites mains qui vont faire du porte à porte, envoyer des tracts, passer des coups de fil. Ce qu’ils n’auraient pas fait pour un ticket McCain-Lieberman (tout de même improbable) ou McCain-Romney.

A surveiller également dans les semaines à venir l’impact local qu’aura Palin dans certains états de l’Ouest, qui sont pour l’instant très partagés. Après tout, c’est une authentique fille de l’Ouest qui partage beaucoup avec les habitants de ces états.

A surveiller enfin, l’impact éventuel (plus difficile) sur les cols bleus, notamment dans la “Rust Belt”, qui compte des états-clé, et qui n’ont guère montré d’enthousiasme à l’endroit de Barack Obama lors des primaires démocrate. Ce qui ne veut pas dire, bien entendu, que les “clintoniennes” vont devenir ipso facto d’irréductibles “paliniennes”. Cette transformation, dans l’ensemble assez saugrenue, ne devrait se produire qu’à la marge. C’est surtout sur les indécis et les indépendants qu’un impact quelconque pourrait se vérifier. Sans oublier la fameuse base conservatrice, sans laquelle rien n’est possible, et qu’il faut savoir mobiliser pour espérer l’emporter, comme Karl Rove l’a réussi en 2004.

Ensuite il faut voir si Palin serait apte à gouverner, le cas échéant. Mais la question se pose pour l’ensemble des candidats.

Lauric Henneton

Catégories : Elections US 2008 · Evangéliques · Politique US
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Choisir un colistier: quête du Graal de la stratégie électorale

Dimanche 24 août 2008 · Laisser un commentaire

Barack Obama a donc choisi Joe Biden, sénateur expérimenté du Delaware, comme colistier. Parmi les milliers d’articles sur le sujet, en voici quelques uns, au moins pour commencer, qui permettent de bien saisir les enjeux d’un tel choix, notamment dans l’attente de l’annonce similaire par le camp McCain dans les jours à venir.

- How Biden Will Come Out Punching (Karen Tumulty, TIME)

- Halperin on Biden: Pros and Cons (Mark Halperin, TIME)

sans oublier un édito de David Brooks (NYT), écrit avant l’annonce du choix de l’équipe Obama, dans lequel il explique pourquoi Biden serait le meilleur choix.

La question, bien résumée en video par John Harwood (NYT), est de savoir si l’expérience et les étiquettes démographiques de Biden (catholique, né en Pennsylvanie – état clé -, populaire dans les milieux ouvriers et syndicaux) peuvent compenser les faiblesses d’Obama (qui étaient les forces de Clinton) et surtout sa propension aux gaffes (verbales).

Lauric Henneton

Catégories : Elections US 2008 · Politique US
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