Articles étiquettés ‘John McCain’
La Vie des Idées publie un article de Romain Huret qui met la défaite de John McCain dans le contexte de la faillite d’une génération de conservatisme américain.
Lauric Henneton
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Tagué : Ronald Reagan, Conservateurs, John McCain, Sarah Palin
Dans l’avalanche de commentaires qui suit les élections présidentielle et législative aux Etats-Unis, voici une petite sélection, très incomplète, de quelques repères.
Parmi les articles les plus généraux, en voici un du New York Times qui évoque l’équipe de transition qu’Obama est en train de constituer, ainsi que les grands défis qui se présentent à lui.
Un autre, toujours du New York Times, revient sur la large majorité des Démocrates au Congrès, et met en garde contre les tensions non plus entre les partis rivaux, mais au sein du parti majoritaire, notamment pour savoir qui va occuper les postes clés.
On the day after the election, leadership battles were breaking out across Capitol Hill as lawmakers contemplated the prospects of new power and opportunity. The quick start to the skirmishing signaled that some of the more bitter fights in the next Congress could be internal battles among Democrats.
Dans le Times de Londres, Gerard Baker estime que la victoire d’Obama ne constitue en rien une victoire de la gauche, contrairement à certains commentaires un peu orientés. Il maintient que les Etats-Unis sont et demeurent un pays foncièrement ancré au centre-droit.
Les premières analyses sérieuses des sondages sortie des urnes (exit polls), par le Pew Center, se penchent notamment sur le prisme religieux. A y regarder de plus près, on se rend compte qu’il s’agit plus d’une défaite de McCain que d’une victoire d’Obama. C’est particulièrement clair dans le dernier tableau, reproduit ici (même si les auteurs ne le relèvent pas):

Les pertes de McCain supérieures aux gains d'Obama
Un élément qui permet d’avancer qu’il s’agit – au moins en partie – d’une défaite de McCain plus que d’une victoire d’Obama est la comparaison des gains et des pertes. Les commentateurs ne se penchent que sur les gains d’Obama par rapport à John Kerry en 2004. Mais si on regarde les pertes de McCain par rapport à Bush en 2004, elles sont toujours supérieures aux gains d’Obama: quand Obama fait mieux de 4 points par rapport à Kerry chez ceux qui pratiquent au moins une fois par semaine, on constate que McCain rassemble 6 points de moins que Bush chez le même groupe. Il y a donc là plus qu’un simple transfert des voix d’un candidat sur l’autre.
Une autre branche du Pew Center se penche également en détail sur le vote des latinos.
A suivre…
Lauric Henneton
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Tagué : Barack Obama, John McCain, Evangéliques, parti démocrate, sondages, gauche américaine
Un certain nombre de problèmes pourraient perturber le bon déroulement du scrutin du 4 novembre, voire peser sur le résultat final, comme l’explique une série de petits articles parus dans TIME.
Le spectre en la matière reste l’immense cafouillage en Floride en 2000, qui aurait coûté la victoire à Al Gore.
Deux enquêtes du très sérieux Pew Research Center montrent que la couverture médiatique est, sinon favorable à Obama, au moins largement hostile à McCain, voire, selon un sondage, que la presse souhaiterait très largement une victoire d’Obama. En jeu ici une illusoire objectivité de la presse en matière politique, surtout quand l’enjeu est une élection présidentielle, et encore plus quand il s’agit d’élire le successeur d’un des présidents les plus controversés (certains diront impopulaires).
Voters overwhelmingly believe that the media wants Barack Obama to win the presidential election. By a margin of 70%-9%, Americans say most journalists want to see Obama, not John McCain, win on Nov. 4. Another 8% say journalists don’t favor either candidate, and 13% say they don’t know which candidate most reporters support.
In recent presidential campaigns, voters repeatedly have said they thought journalists favored the Democratic candidate over the Republican. But this year’s margin is particularly wide. At this stage of the 2004 campaign, 50% of voters said most journalists wanted to see John Kerry win the election, while 22% said most journalists favored George Bush. In October 2000, 47% of voters said journalists wanted to see Al Gore win and 23% said most journalists wanted Bush to win. In 1996, 59% said journalists were pulling for Bill Clinton.
In the current campaign, Republicans, Democrats and independents all feel that the media wants to see Obama win the election. Republicans are almost unanimous in their opinion: 90% of GOP voters say most journalists are pulling for Obama. More than six-in-ten Democratic and independent voters (62% each) say the same.
Les sondages, en tout cas leur méthodologie et donc leur fiabilité, sont mis en cause dans un court article de The Economist.
Lauric Henneton
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Le New York Times propose une série de cartes qui permettent de se rendre compte des stratégies des deux camps en matière géographique.
Les démocrates ont dépensé beaucoup d’argent en Floride (état clé en 2000), mais aussi dans certains états du Sud (Géorgie, Caroline du Nord, Virginie), une stratégie qui vise à mobiliser les abstentionnistes noirs. La stratégie d’Obama est de garder les états où Kerry l’a emporté en 2004, et de grappiller quelques états considérés comme tangeants (la Virginie, par exemple, mais pourquoi pas la Floride, tout dépendra du niveau de mobilisation le jour du scrutin).
Des deux côtés, on a accordé beaucoup d’attention à l’Ohio (état clé en 2004) et plus largement à la “rust belt”, dans un contexte de difficultés économiques (Michigan et Pennsylvanie).
La nouveauté, c’est l’attention portée à 3 états de l’ouest considérés comme complètement ouverts: Nevada, Nouveau-Mexique et Colorado.
Ce qui frappe, dans les cartes en question, c’est la surreprésentation du nord-est (moins la Nouvelle-Angleterre, considérée comme acquise pour/par les démocrates, à l’exception peut-être du New Hampshire): Rust Belt, ainsi que des états comme l’Indiana, le Wisconsin et dans une moindre mesure l’Iowa, voire le Missouri (toujours très serré: on l’appelle d’ailleurs le Bellwether State, puisque celui qui l’emporte dans le Missouri est censé l’emporter au final…)
En termes de stratégie de mobilisation, l’article connexe du New York Times évoque les efforts des deux camps. Côté démocrate:
Mr. Plouffe said the Obama campaign had recruited thousands of neighborhood and precinct captains to concentrate on voter turnout: The campaign has seven offices in Allegheny County alone, around Pittsburgh, and has teams devoted to turning out the estimated 600,000 black residents of Florida who were registered in 2004 but did not vote.
Côté républicain, on capitalise sur les techniques redoutables qui avaient été utilisées en 2004. On note également que si la nomination de Sarah Palin a eu un effet indéniable sur la mobilisation de volontaires, on souligne que le décolage avait déjà commencé avant la nomination, passant de 20 000 à 800 000 actions de démarchage par semaine (téléphonique ou porte à porte).
Sur la stratégie de mobilisation utilisée par la campagne Bush en 2004, je recommande la lecture d’Applebee’s America, de Doug Sosnik, Matthew Dowd et Ron Fournier (2006), ouvrage passionnant sur les points communs du marketing politique, commercial et religieux. (Sosnik est un ancien conseiller de Bill Clinton, Dowd était un des stratèges de la campagne de Bush en 2004).
Lauric Henneton
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Tagué : Barack Obama, John McCain, Sarah Palin, stratégie, swing states
Le New York Times propose une représentation visuelle intéressante des mots utilisés par les différents orateurs démocrates et républicains lors des conventions. Quelques petites surprises mais on retrouve bien les grandes thématiques des deux partis.
A noter aussi un papier qui donne quelques éclaircissements sur ce que l’on peut attendre (et non craindre en l’occurrence) d’une éventuelle vice-présidente Palin: malgré ses opinions personnelles (vaguement) créationnistes, elle n’a jamais tenté d’imposer ses vues en tant que gouverneur. En d’autres termes, elle illustre que l’on peut avoir des positions, personnelles et potentiellement très affirmées, mais ne pas pour autant chercher à les mettre en application.
Enfin, pour celles et ceux qui seraient persuadés que McCain va mourir le lendemain de son éventuelle investiture, le Washington Post a des nouvelles rassurantes: Sarah Palin se fait briefer sur les questions de sécurité et de défense.
Lauric Henneton
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Tagué : créationnisme, John McCain, Sarah Palin, sécurité et défense
Enfin un article qui rappelle qu’en novembre auront lieu, également, des élections au Congrès! La Chambre des représentants sera entièrement renouvelée, comme tous les deux ans, ainsi qu’un tiers du Sénat.
Les Démocrates, majoritaires depuis 2006, le seront encore plus, le tout est de savoir de combien (semble-t-il). Par conséquent, l’auteur de l’article en question paru dans The Economist estime que le vote McCain pourrait servir à équilibrer les forces.
Come November, the Democrats will almost certainly increase their majorities in the House of Representatives and the Senate. Ironically, the surging Democratic tide gives tactical voters a reason to back Mr McCain. When one party controls both Congress and the White House, its more extreme elements can flex their muscles without hindrance. Historically, presidents have been slow to veto their own party’s bad laws and wasteful spending plans. United government typically leads to fiscal incontinence, as happened in Mr Bush’s early years. Voters may decide that a Democratic Congress needs a grumpy Republican watchman.
But more probably the election will hinge on how swing voters perceive the candidates’ characters. This is Mr McCain’s greatest advantage. Mr Obama’s background as a community organiser and law professor appeals mostly to groups who tend to vote Democratic no matter what—African-Americans, highly educated professionals, people who live in Massachusetts, and so on.
Mr McCain’s curriculum vitae, by contrast, strikes a chord with floating voters, such as white working-class men.
Lauric Henneton
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Tagué : Congrès, John McCain
Petite entorse au régime “English-only” de l’OSPOMA, une tribune de votre serviteur dans Le Figaro de ce jour, intitulée “Le pari osé du républicain John McCain“. Voici le début:
Le choix de Sarah Palin par John McCain est la preuve, s’il en était besoin, que le mandat éventuel du candidat républicain ne sera en rien le «troisième mandat de Bush», comme l’annonce le camp Obama. Cette continuité était envisageable lors des candidatures de George Bush père en 1988 vice-président de Ronald Reagan pendant huit ans et d’Al Gore, vice-président de Bill Clinton de 1992 à 2000.
McCain, c’est l’antithèse de Bush, contre qui il brigua l’investiture républicaine en 2000. Et c’est précisément son indépendance et son image de maverick («électron libre»), qui inquiète autant ses adversaires démocrates que le Parti républicain, qu’il s’efforce de représenter. D’où le choix, controversé, critiquable, mais globalement intelligent de Sarah Palin pour équilibrer le «ticket» républicain et lui donner un nouvel élan à un moment crucial de la campagne, les conventions des deux partis, et alors que l’écart dans les sondages n’a jamais été aussi faible.
Extérieure au sérail washingtonien, elle a été unanimement décrite comme une «bouffée d’air frais» (d’Alaska), et elle confirme l’image d’un McCain farouchement indépendant.
Lauric Henneton
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Tagué : Al Gore, Bill Clinton, George Bush (père), John McCain, Ronald Reagan, Sarah Palin, stratégie
And the winner is …. Sarah Palin!
Contre toute attente, John McCain a choisi pour colistière quelqu’un dont le nom avait été évoqué plusieurs fois dans les semaines passées pour être écarté aussitôt (“pas assez d’expérience”). En même temps, quand on veut choisir un(e) jeune (puisqu’on a 72 ans et que la mort guette, à en croire la presse…) extérieur(e) au sérail washingtonien, il est difficile de trouver un(e) expert(e) en … tout. (Si Palin avait, par je ne sais quel hasard, eu une expérience en matière de politique étrangère, on lui aurait reproché de ne pas en avoir en économie, ou l’inverse).
Bref, un choix qui, a posteriori, n’est pas si surprenant que cela, surtout quand on pense en termes de mobilisation. En dépit du déchainement médiatique, à l’affut du moindre microscandale ou de la moindre microbourde (la macrobourde étant une spécialité de Joe Biden), Sarah Palin “électrise” la base conservatrice du Parti républicain. Effet escompté, mission accomplie. D’autant que cette mobilisation, qui commence à payer en termes bassement financiers, va se transformer en petites mains qui vont faire du porte à porte, envoyer des tracts, passer des coups de fil. Ce qu’ils n’auraient pas fait pour un ticket McCain-Lieberman (tout de même improbable) ou McCain-Romney.
A surveiller également dans les semaines à venir l’impact local qu’aura Palin dans certains états de l’Ouest, qui sont pour l’instant très partagés. Après tout, c’est une authentique fille de l’Ouest qui partage beaucoup avec les habitants de ces états.
A surveiller enfin, l’impact éventuel (plus difficile) sur les cols bleus, notamment dans la “Rust Belt”, qui compte des états-clé, et qui n’ont guère montré d’enthousiasme à l’endroit de Barack Obama lors des primaires démocrate. Ce qui ne veut pas dire, bien entendu, que les “clintoniennes” vont devenir ipso facto d’irréductibles “paliniennes”. Cette transformation, dans l’ensemble assez saugrenue, ne devrait se produire qu’à la marge. C’est surtout sur les indécis et les indépendants qu’un impact quelconque pourrait se vérifier. Sans oublier la fameuse base conservatrice, sans laquelle rien n’est possible, et qu’il faut savoir mobiliser pour espérer l’emporter, comme Karl Rove l’a réussi en 2004.
Ensuite il faut voir si Palin serait apte à gouverner, le cas échéant. Mais la question se pose pour l’ensemble des candidats.
Lauric Henneton
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Tagué : Barack Obama, cols bleus, Evangéliques, Hillary Clinton, Joe Biden, John McCain, Karl Rove, Sarah Palin
McCain a choisi son colistier et … il l’annoncera vendredi, 18h heure française.
Trois noms semblent tenir la corde: Mitt Romney, Tim Pawlenty et Joe Lieberman (ancien colistier… d’Al Gore en 2000). Les trois ont leurs avantages, mais aussi de sérieux inconvénients (trop riche à un moment où les Américains se serrent la ceinture, trop jeune, trop pro-avortement…). Bref, aucun des trois ne sera parfait, et chacun sera contesté dès l’annonce de vendredi.
Ne semblent plus être dans la course: le jeune gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal (d’origine indienne, mais très inexpérimenté) et Charlie Crist (gouverneur de Floride, état clé).
Côté démocrate, on semble assuré sinon d’emporter la présidentielle, au moins d’être (largement?) majoritaire au Congrès, et ainsi d’accroître les majorités gagnées en 2006. Notamment d’atteindre le chiffre magique de 60 sénateurs (ce qui permet de contourner certains blocages appelés filibusters)
Problème(s): le triomphe d’une année (2008) peut se transformer en un désastre deux ans plus tard (2010, comme ce fut le cas avec le raz de marée républicain de 1994). De même si on parle beaucoup de l’impopularité, abyssale, de Bush, le nouveau Congrès démocrate est, lui aussi, très impopulaire (entre 25 et 30% de satisfaits!)
Lauric Henneton
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Tagué : Bobby Jindal, Charlie Crist, Congrès, Joe Lieberman, John McCain, Mitt Romney, Tim Pawlenty, vice-président

Photo de Michael Edwards, New York Magazine, 16 avril 2007
Pour illustrer l’article brillant de Gerard Baker dans le Times (Londres) du 25 juillet, je ne résiste pas à insérer une photo intitulée “The Transfiguration”, parue dans le NY Magazine et utilisée sur un site satirique.
Si Obama, comme tous les candidats démocrates, se présentait en Europe, il serait élu avec plus de 80% des voix. Dommage collatéral potentiel, certains électeurs américains, en dehors des grandes villes, ne veulent
pas d’un candidat plébiscité par les … Français (la réciproque est assez vraie).
Roger Cohen, un des éditorialistes du NY Times les plus européens, pense que la prestation d’Obama à Berlin était désastreuse comparée avec celle de Paris.
[ADDENDUM] Robert Novak (Washington Post) s’interroge sur la fragilité de la candidature Obama, pas seulement en raison d’un programme flou, mais plutôt à cause de son incapacité à creuser l’écart sur John McCain, pourtant peu charismatique, et qui peine à enflammer les Républicains (notamment la droite du parti). Obama, écrit Novak, n’arrive pas à dépasser les 50% dans les sondages et ne devance McCain que de quelques points (autour de 5), ce qui constitue une marge très faible, voire négligeable aussi loin de l’échéance. Raison invoqué: les classes moyennes blanches et surtout les cols bleus (les fameux ouvrier de Pennsylvanie) sont réticents à soutenir un candidat noir inexpérimenté.
Lauric Henneton
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Tagué : Barack Obama, John McCain, sondages