Observatoire Socio-Politique du Monde Anglophone

Articles étiquettés ‘libéraux-démocrates’

Sondages britanniques depuis 1983

Mardi 6 octobre 2009 · Laisser un commentaire

En plus du très riche UKPollingReport, la BBC propose une représentation graphique très bien faite, par institut de sondage (plus précis que des moyennes) depuis l’élection de 1983 (réélection de Margaret Thatcher, plus bas historique du Parti travailliste).

Lauric Henneton

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Billet de rentrée

Samedi 12 septembre 2009 · Laisser un commentaire

Billet de rentrée ce week-end sur Ospoma avec quelques articles des semaines précédentes.

Pour les inconditionnels des sondages, la tendance de l’été est restée stable avec les Conservateurs toujours en tête avec une fourchette de 40-43%, les Travaillistes avec 24 à 28% et les Libéraux-Démocrates entre 17 et 21%. L’excellent blog UKPollingReport donne comme dernière moyenne 41-26-19, avec une projection de 88 sièges pour une nouvelle majorité tory.

Il est de plus en plus question, le jour de l’élection générale qui doit intervenir d’ici au printemps prochain, de doubler le scrutin législatif d’un référendum sur le mode de scrutin. Il s’agirait de demander aux électeurs s’ils veulent conserver le scrutin majoritaire actuel (first past the post), réputé injuste (quand on perd les élections en tout cas) ou s’ils veulent passer à un mode de scrutin partiellement proportionnel, destiné à refléter plus fidèlement le vote des électeurs.

Les Travaillistes s’engagent donc sur une voie plébiscitée par les Libéraux-Démocrates depuis des années; les Conservateurs, eux, sont opposés aux réformes proposées. Certains disent que le revirement des Travaillistes est dû à la certitude qu’ils vont perdre la prochaine élection et qu’ils essaient de s’attirer les faveurs des électeurs libéraux-démocrates. En effet, malgré les promesses de Tony Blair il y a plus de 10 ans, rien n’a été fait en la matière. (Voir le billet du 26 juillet dernier.)

Autre réforme promise de longue date par les Travaillistes et finalement peu avancée, la Réforme d’une Chambre des Lords présentée comme archaïque (mais qui s’en défend notamment sur YouTube). Les Lords ont perdu leur droit héréditaire à siéger à la Chambre haute et il ne reste que 92 aristocrates qui font la jonction. Les autres sont des membres nommés à vie par le pouvoir en place (life peers) généralement pour service rendu – idéalement au pays, parfois pourtant au Parti et à ses finances. Jack Straw, ministre de la justice, a annoncé fin août que la réforme pourrait prendre beaucoup plus longtemps qu’on le pensait.

Enfin, dernier point, au carrefour de la démographie et de la géographie, une enquête réalisée par Orange, et dont la méthodologie n’est pas forcément irréprochable, tendrait à montrer que les habitants des Midlands seraient particulièrement enclins à quitter leur région, surtout pour s’établir dans les comtés du sud-ouest de l’Angleterre ou de Londres. La possibilité du télétravail, rendue plus aisée par la généralisation (à venir) des connexions haut débit, accélèrerait cet exode. Reste que certaines personnes qui pratiquent déjà le télétravail expliquent que les grands mouvements de population qu’on avait annoncé n’ont finalement jamais eu lieu.

Lauric Henneton

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Norwich North: suite

Samedi 25 juillet 2009 · Laisser un commentaire

Parmi les nombreuses analyses dans les journaux anglais à la suite de l’élection partielle de Norwich North, voici celle d’Ian Dunt pour Politics.co.uk

Dunt revient sur les gagnants (notamment Ukip mais aussi dans une moindre mesure le Labour) et sur les perdants (notamment les libéraux-démocrates, mais surtout les Verts, notamment à cause d’un mode de scrutin structurellement défavorable, alors qu’ils percent dans le reste de l’Europe, comme aux dernières européennes en France).

Lauric Henneton

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Perspectives électorales; dévolution

Mardi 30 juin 2009 · Laisser un commentaire

Dans une tribune dans le Financial Times, les universitaires Niall Ferguson et Glen O’Hara expliquent pourquoi c’est loin d’être gagné d’avance pour les Conservateurs, notamment en revenant sur le parallèle entre la période actuelle et les années 1990. Les Conservateurs d’aujourd’hui ne sont pas le New Labour d’hier, selon eux.

Dans The Independent, Steve Richards explique que l’intervention de Gordon Brown, hier, marque le début de ce qui sera une longue campagne électorale d’environ un an.

Enfin le Western Mail gallois consacre un article à David Melding, un assembly member conservateur qui vient de publier un livre expliquant pourquoi la solution fédérale est la plus apropriée pour le Royaume-Uni. Les Conservateurs sont traditionnellement ‘unionistes’, donc opposés à toute forme de fédéralisme, contrairement aux Libéraux-démocrates, par exemple. C’est donc là un véritable pavé dans la marre que signe David Melding.

Lauric Henneton

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Volatilité de l’électorat britannique

Mardi 23 juin 2009 · Laisser un commentaire

Un sondage réalisé par l’institut Harris pour le quotidien Metro montre que de nombreux électeurs travaillistes et libéraux-démocrates n’ont pas l’intention de rester fidèles à leur parti. Cependant, ils n’ont pas l’intention non plus de migrer en masse vers les Conservateurs.

Les Conservateurs sont en tête avec 35%, les Travaillistes sont à 20% et les Libéraux-Démocrates à 16. Plus surprenant, les autres / petits partis (dont les partis nationalistes écossais et gallois mais aussi et surtout le parti eurosceptique UKIP) sont à 29% (UKIP est à 10%).

Selon les projections en sièges, les Conservateurs auraient une majorité (relativement confortable) de 62 sièges.

* * *

Sur l’élection du nouveau speaker de la Chambre des Communes, le Conservateur (dissident) John Bercow, qui remplace Michael Martin, voir la page très complète de la BBC.

Lauric Henneton

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Elections européennes : update

Lundi 8 juin 2009 · Laisser un commentaire

Une synthèse brève mais complète des gagnants et des perdants des européennes en Grande-Bretagne, sur Politics.co.uk (Ian Dunt).

Egalement un petit papier sur la défaite historique des Travaillistes au pays de Galles (un véritable séisme politique dont on a du mal à prendre la mesure en France).

A suivre: lundi soir, réunion des députés travaillistes, il faudra surveiller les prises de position. Il n’est pas impossible (même si ce n’est pas le scénario le plus probable) que ce soit le dernier jour (un des derniers jours) de Gordon Brown au Number 10.

Lauric Henneton

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Elections européennes: résultats, tendances, enseignements

Lundi 8 juin 2009 · Laisser un commentaire

Quelques liens au milieu du déluge éditorial qui suit le scrutin européen, et quelques enseignements.

Il est indispensable de replacer les résultats nationaux dans leur contexte européen (expliquer la déroute des socialistes français et des travaillistes britanniques par des causes purement nationales n’est pas suffisant: c’est une tendance lourde à l’échelle de l’Europe).

Les partis conservateurs/libéraux l’emportent pratiquement partout, qu’ils soient au pouvoir (France, Allemagne) ou dans l’opposition (Royaume-Uni, Espagne), et même quand, au pouvoir, leur leader n’est forcément très populaire (Sarkozy, Berlusconi).

Ce sont souvent, mais pas systématiquement, des partis avec une part d’Euroscepticisme dans leur électorat.

Les partis d’extrême-droite, ou de droite souverainiste (eurosceptique) viennent compléter ces résultats (en Autriche, mais aussi et surtout au Royaume-Uni avec Ukip et le premier député européen du BNP, le Front national britannique).

Les Travaillistes enregistrent une défaite historique, qui n’a pas vraiment profité aux libéraux-démocrates, très pro-européens (il n’est pas envisageable que les mécontents du Labour se soient reportés sur Ukip, ou qu’il ait pu y avoir une hésitation entre un vote LibDem et un vote Ukip). Les Travaillistes, par ailleurs, sont battus au pays de Galles, ce qui n’était pas arrivé depuis 1918!

Outre-Manche il s’agit bien plus d’une déroute travailliste que d’une victoire des conservateurs, qui progressent très légèrement. Ils appelaient notamment à un vote sanction contre Brown, donc à portée nationale et pas européenne. Il faut maintenant regarder avec qui les Conservateurs vont s’allier au Parlement européen: le PPE, ou comme ils l’avaient laissé entendre, un certain nombre de partis très à droite, notamment de pays d’Europe de l’Est?

Quelques pages / portails qui permettent de s’y retrouver:

- La BBC

- France-Info pour la carte interactive de l’Europe

- Le Guardian pour sa carte interactive du Royaume-Uni et un article de synthèse

- Pour les plus curieux, PoliticsHome, comme chaque jour, donne les titres des articles politiques de toute la presse britannique: c’est le meilleur moyen de ne rien manquer!

- La privatisation partielle de Royal Mail devrait être ralentie, voire reportée, ce qui n’enlève pas la possibilité d’un putsch au sein du Labour (une alliance improbable entre les Blairistes de centre-gauche et la gauche du parti)

Photo: Stefan Rousseau/PA (Site du Guardian)

Photo: Stefan Rousseau/PA (Site du Guardian)

Lauric Henneton

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La conspiration anti-Brown, ou comment se débarrasser de son leader

Samedi 6 juin 2009 · Laisser un commentaire

Peter Brookes / The Times

Peter Brookes / The Times

Au lendemain d’élections locales marquées par une large victoire conservatrice (qui préfigurerait celle à venir aux législatives?), Gordon Brown a remanié son cabinet, mais la fronde à son encontre ne diminue pas. Au contraire, les backbenchers (députés sans portefeuille ministériel) sont activement engagés dans une dynamique anti-Brown, faisant suite aux nombreuses démissions dans son cabinet (elles-mêmes à l’origine du remaniement).

Le Guardian propose une petite FAQ pour comprendre rapidement les enjeux de la situation actuelle.

Les paragraphes suivants permettent de bien saisir l’humeur des Travaillistes:

But a new poll of Labour activists brought further bad news for the prime minister, revealing that fewer than half of all party supporters want him to lead them into the next general election, with one in five urging him to quit now.

The poll of 800 party members carried out by YouGov for Channel 4 News found that one in three thought Labour stood no chance of winning a general election if Brown remained leader and 53% thought they would be better off if Tony Blair was still in Number 10.

On s’observe, on se demande qui y va, quand y aller, mais le “coup” est en train de se mettre en place. Les résultats des Européennes, dimanche, seront peut-être le signal du départ, mais ce serait peut-être prématuré. Et les “rebelles” ne sont peut-être pas (encore) assez nombreux pour pousser Brown à la démission. On saura lundi soir, au terme d’une réunion des députés travaillistes, si une pétition (qui doit compter 75 signatures) a été présentée.

Un autre article du Guardian permet de bien comprendre la réflexion des ‘rebelles’.

Si une attaque n’est finalement pas tentée lundi, il faudra attendre le projet de loi de privatisation partielle de Royal Mail qui pourrait être présenté en juin et devrait entraîner une levée de bouclier à gauche. La loi pourrait être votée uniquement grâce à l’appui des Conservateurs. Sauf s’ils retirent leur soutien pour faire chuter le Premier ministre. On peut aussi envisager une motion de défiance, comme en mars 1979, quand l’échec des référendums sur la dévolution avait entraîné le dépot par les nationalistes écossais mécontents d’une motion de défiance dont la principale bénéficiaire fut Margaret Thatcher. Un revers sur la Poste pourrait avoir les mêmes conséquences.

L’étape suivante est la convention annuelle (conference) du parti, fin septembre, avec l’élection du leader. On peut imaginer une candidature de contestation qui réunirait assez de soutien pour provoquer un deuxième tour de scrutin. On serait dans un scénario analogue à la fronde contre Margaret Thatcher en novembre 1990… ou la fronde contre Edward Heath en 1975, qui avait amené l’élection surprise de Margaret Thatcher comme leader du parti conservateur. En cas de retrait de Brown, on peut imaginer la candidature d’Alan Johnson comme homme du consensus, un peu à la manière de John Major, en attendant des législatives qui auront lieu d’ici à juin prochain et dont les Conservateurs devraient être les grands vainqueurs. Il faudra également observer le score des libéraux-démocrates, arrivés à la deuxième place lors du scrutin local, et probablement des européennes. Ils pourraient bien, au moins un temps, profiter de la mauvaise santé du parti travailliste pour devenir le principal parti d’opposition, sans pour autant avoir beaucoup gagné en voix.

Lauric Henneton

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Sondage: Les Libéraux-démocrates devant les travaillistes!

Dimanche 31 mai 2009 · Laisser un commentaire

Un sondage ICM pour le Sunday Telegraph (conservateur) place les Libéraux-démocrates devant les travaillistes en intentions de vote pour d’éventuelles élections générales (législatives) de même que pour les européennes du 4 juin (le 7 en France, les Britanniques ne votent pas le dimanche).

Les Conservateurs sont à 40% (+1), les Travaillistes à 22% (-6), ce qui est conforme à certaines enquêtes passées, et les Libéraux-démocrates sont crédités de 25% d’intentions de vote (+5), ce qui est historiquement élevé. Reste à savoir s’ils vont rester à ce niveau ou s’il s’agit d’une exception. D’après Anthony Wells (UK Polling Report), ICM aurait tendance à surévaluer le score des Libéraux-démocrates.

A une exception près, c’est la première fois que les Travaillistes sont en troisième place depuis 1987, quand ils étaient très divisés (notamment à cause d’une aile gauche très militante) et menés par un leader (Neil Kinnock) au charisme insuffisant face à Margaret Thatcher (malgré son importance à long terme dans le rajeunissement du parti, parachevé par Blair).

Lauric Henneton

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Brit.Pol.Briefing

Mercredi 13 mai 2009 · Laisser un commentaire

Michael Foot en 1982

Michael Foot en 1982

Gordon Brown bat des records d’impopularité. Crédité de 23% par le Mail on Sunday et de 26-27% par ailleurs, il est en dessous du plus bas historique réalisé par Michael Foot en 1983. On n’avait pas vu de tels chiffres depuis les années 1920 (à une époque de transition où le parti libéral ne s’était pas encore effondré et où un tripartisme éphémère diminuait automatiquement les résultats de chaque parti).

Dans les colonnes du Guardian, la chroniqueuse Polly Toynbee, travailliste historique, appelle (à son tour) Gordon Brown à démissionner, si possible avant les européennes du 4 juin, sinon dès le lendemain.

It’s all over for Brown and Labour. The abyss awaits. As long as he remains leader, there is nothing that wretched Labour candidates can plausibly say on the doorstep at next month’s European elections. They are struck dumb. Why should people vote for them? The horse manure bought on expenses is garnish for a decomposing government. The heart of the matter is the economy, and Brown’s responsibility for the bubble years. He personally is to blame for Labour’s failure to ensure that ordinary people on median incomes and poor people at the bottom received a bigger share in national growth: it turns out that they fell back and only the wealthy prospered. Labour made the rich richer and the poor poorer: growth for the few, not the many.

La dernière accusation, régulièrement formulée contre Margaret Thatcher, revient à faire à Brown un procès en thatchérisme. Toynbee poursuit:

That is a failure so fundamental to Labour’s purpose that the party can’t go into the next election led by the man responsible. His other failings as leader pale beside this one monumental fact. While he is there, Labour cannot claim “fairness” or “social justice”, so what is left to say? What is Labour’s offer?

Gordon Brown has been tested and found in want of almost every attribute a leader needs. Squalid dealings by his poisonous inner circle were exposed to the light of day; yet at the same time he lacks a leader’s necessary political cunning. Many hoped that the end of the rivalry with Blair would see Brown cast off his myrmidons. He didn’t. In the  tussle between his better and his worse selves, too often the lesser man won.

Polly Toynbee

Le scandale des frais des députés (expenses) n’arrange évidemment rien à l’affaire, non que les travaillistes soient les seuls incriminés, mais parce qu’ils sont au pouvoir depuis 1997 et que c’est par conséquent à eux, en priorité, de réécrire des règles qui ne seraient plus adaptées. Les retombées du scandale, révélé sur plusieurs jours par le Daily Telegraph, quotidien de droite qui n’a pas pourtant pas épargné les Conservateurs, se font sentir sur les deux grands partis, qui chutent dans les sondages, au profit, un peu automatique, des libéraux-démocrates (alors encore épargnés) et des petits partis (UKIP, BNP, Verts…, qui ne seront sûrement pas touchés étant donné leur faible nombre de députés). En fait, le Daily Telegraph a publié hier ses révélations sur les libéraux-démocrates, mais il faudra attendre les prochains sondages pour connaître leur effet sur les intentions de vote.

Egalement intéressants, cette chronique de l’euroscepticisme ordinaire, par le correspondant bruxellois de la BBC au cours de son périple européen en amont des élections de début juin (4 juin outre-Manche, 7 juin en France), et cette carte interactive des circonscriptions parlementaires du Royaume-Uni, où sont consultables de très nombreuses données, notamment sur les circonscriptions “ouvertes” (marginal seats).

Lauric Henneton

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