Observatoire Socio-Politique du Monde Anglophone

Articles étiquettés ‘monarchie’

Brit.Pol.Briefing

Vendredi 17 avril 2009 · Laisser un commentaire

Un article du Daily Telegraph relate que d’après un sociologue britannique, les inégalités sociales s’accroîtraient, malgré le voeu de Tony Blair d’atteindre une “société sans classes” (classless society). Les enfants des classes “ouvrières” sont toujours moins nombreux que ceux des classes moyennes à aller à l’université, par exemple.

Le Daily Express publie une enquête sur la confiance des Britanniques, notamment envers les politiques, en ces temps de scandales à répétition. Et c’est la Reine en qui ils font le plus confiance (avec une vidéo).

Le blog conservateur très influent ConservativeHome a mené une enquête intéressante auprès des rédactions des principaux quotidiens nationaux, pour savoir en faveur de qui ils se prononceraient lors de la prochaine campagne électorale. L’occasion de faire le point sur les positions politiques des organes de presse anglais.

Enfin, un long extrait d’un livre à paraître sur la Grande-Bretagne dans les années 1970, extrait consacré à la semaine de trois jours (“three-day week”) sous le gouvernement d’Edward Heath (1970-1974), et notamment pendant l’hiver 1973. Très bien documenté grâce à des extraits des journaux de l’époque, ce texte passionnant permet de mieux comprendre la vie des Britanniques pendant cette période troublée sur le “front” socio-politique. Ne vous laissez pas intidimider ou décourager par l’apparente longueur de l’article, ça se lit comme un roman.

L’article est accompagné d’un carnet photo qui permet d’encore mieux visualiser.

A telephonist works by torchlight at the start of the three day week, which was introduced at midnight on 31 December 1973 Photograph: /Hulton

A telephonist works by torchlight at the start of the three day week, which was introduced at midnight on 31 December 1973 Photograph: /Hulton

Lauric Henneton

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Monarchie: vers une réforme de la succession

Samedi 28 mars 2009 · Laisser un commentaire

Source AP/BBC

Source AP/BBC

Un député libéral-démocrate, Evan Harris, a déposé un projet de loi pour réformer les conditions de la succession au trône britannique, abolissant notamment l’interdiction faite au monarque d’épouser un(e) catholique. Toutefois, en tant que chef suprême de l’Eglise d’Angleterre, le monarche se doit d’être anglican (être protestant ne suffit pas). Par ailleurs, la réforme introduirait l’égalité des sexes dans l’ordre de la succession, actuellement défavorable aux femmes. Deux formes de discrimination qui semblent anachroniques au XXIe siècle.

Outre les articles des principaux journaux (Independent, BBC, Guardian, Daily Telegraph), où l’on apprend que 76% des personnes sondées par ICM sont favorables au maintien de la monarchie, contre 18% favorables à l’instauration d’une république, ce sont maintenant les blogs, notamment l’excellent blog politique du Guardian, qui permettent d’approfondir les questions d’actualités: un billet d’Andrew Sparrow revient sur la complexité présumée d’une telle réforme constitutionnelle, alors qu’un autre de Michael White se penche sur la dimension historique de la question.

Sparrow renvoit notamment à un document très précieux publié récemment par la Chambre des Communes qui explique les tenants et les aboutissants de la réforme proposée par Evan Harris.

Le site du Parlement propose une vidéo de l’intégralité du débat du 27 mars: c’est très long (plusieurs heures), mais on peut naviguer, avancer et ne regarder que des extraits. Une bonne occasion de se familiariser avec le travail quotidien de la Chambre des Communes – en dehors de la grand-messe des Questions au gouvernement (PMQs).

Lauric Henneton

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Brit.Pol briefing

Mardi 17 mars 2009 · Laisser un commentaire

Dans les colonnes du Times, Peter Riddell s’interroge sur la place du Royaume-Uni dans l’Europe, alors que David Cameron a annoncé vouloir faire sortir le Parti conservateur du PPE (Parti Populaire Européen, centre-droit, dont fait partie l’UMP de Nicolas Sarkozy, la CDU d’Angela Merkel et Forza Italia de Silvio Berlusconi – sans oublier le parti de Manuel Barroso). Se posent également les questions de l’Euro, en temps de crise, et du Traité de Lisbonne: la position des Conservateurs, notamment de William Hague, est tout sauf claire sur le sujet.

Anthony Wells, pour l’excellent UK Polling Report, revient sur l’évolution des partis au pouvoir, en Grande-Bretagne, à l’approche d’une élection générale. A l’aide de graphiques très révélateurs, il montre que, contrairement à une idée reçue qui circule beaucoup en ce moment, il n’est pas vrai que le parti au pouvoir remonte dans la dernière partie de son mandat.

UK Polling Report

Source: UK Polling Report

Steve Richards, dans une chronique de The Independent, s’interroge également sur l’issue de la prochaine élection, au printemps 2010 et notamment sur l’hypothèse d’un “hung parliament“, où aucun des trois principaux partis ne serait majoritaire en sièges, comme ce fut le cas en 1974, année où eurent lieu deux élections, en février et octobre, dont les Travaillistes sortirent en tête, mais de très peu, et sans majorité (Harold Wilson, Premier ministre de 1964 à 1970, reprit du service pendant deux ans avant de laisser sa place à James Callaghan entre 1976 et 1979). Pour un certain nombre d’observateurs, un “hung parliament” n’est pas à exclure, en dépit des sondages, et c’est alors le troisième parti qui donnerait au parti arrivé en tête le nombre de sièges nécessaires pour obtenir une majorité. Ici ce sont les Libéraux-démocrates, et ils ne sont pas enthousiastes à l’idée de soutenir les Conservateurs (euphémisme). Richards expliquent que l’on murmure en coulisse que des discussions auraient lieu entre les Libéraux-démocrates et les Travaillistes, mais au-delà des dirigeants du parti, il faut que la base accepte de soutenir la majorité sortante – si d’aventure elle arrivait en tête mais sans majorité. Bref, beaucoup d’inconnues pour cette équation électorale dont le point de départ est la mauvaise position actuelle des Conservateurs non pas dans les sondages (elle est assez bonne) mais en terme de sièges à conquérir, à partir d’une base, actuelle, assez basse, à la suite des revers électoraux de 1997, 2001 et 2005. Malgré des sondages qui donnent régulièrement entre 10 et 15 points d’avance aux Conservateurs, il semble difficile de conquérir suffisamment de sièges pour disposer d’une majorité tout court, sans parler d’une majorité confortable.

I am still sceptical about the next election leading to a hung parliament. The close results in 1974 are the exception to the normal pattern. Nonetheless the arguments are starting to pile up in favour of an indecisive outcome. The Conservatives need to win a 1997 type swing in reverse to secure a majority. Currently they have fewer seats than Labour won under Michael Foot in 1983. The distribution of seats continues to favour Labour. The Liberal Democrats tend to perform well in the seats they already hold and will be hard for the Conservatives to remove.

La BBC annonce pour sa part que les présidents d’universités britanniques (en réalité les vice-chancellors) demandent une hausse du plafond des droits d’inscription, voire, pour certains, leur disparition pure et simple. Rappelons que les plafonds en questions avaient été relevés à £3,000 en 2004 (mis en place à la rentrée 2006). (Voir la chronologie de la BBC).

Enfin, un ancien maire d’Oxford relance le débat sur la monarchie, qu’il voudrait voir disparaître au profit d’une république. Les arguments sont classiques: une monarchie, surtout héréditaire, est archaïque et contraire à la démocratie (puisque la Reine a bien des pouvoirs constitutionnels) et qu’elle coûte cher, surtout en cette période de crise (£40m par an, soit, d’après un calcul rapide fait par l’Oxford Mail, 66p par habitant et par an).

Lauric Henneton

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Charles III, prince-président?

Mercredi 19 novembre 2008 · Laisser un commentaire

Un très très long (mais passionnant) article de Jonathan Dimbleby, biographe et ami du Prince Charles, paru dans le Sunday Times, révèle que Charles aurait l’intention d’être un roi plus engagé que sa royale maman, qui incarne la monarque constitutionnelle britannique telle qu’elle est censée être: un symbole plus qu’un véritable acteur politique. Seen, not heard

Par chance (?), le même Sunday Times a publié un article qui résume les grandes lignes de l’article de Dimbleby.

Le Guardian de lundi contenait deux articles en réaction à la possibilité d’un Charles (III) plus directement impliqué dans la vie politique:

- un éditorial de Graham Smith (encore), évidemment hostile à la monarchie, qui propose à Charles d’abolir celle-ci et de se présenter comme président. Le contre-argument est que Charles, en tant que chef d’état non élu, pourrait formuler des opinions qui ne sont pas nécessairement populaire, dans la mesure où il n’a pas à se soucier d’une quelconque réélection. Ce statut lui confèrerait une liberté de parole dont sont privés les parlementaires (donc les ministres).

- un autre article qui fait intervenir des constitutionnalistes et des historiens, qui – Guardian oblige – s’offusquent d’une telle perspective.

Ces différents articles posent un certain nombre de questions fondamentales quant à la Constitution britannique, au rôle du monarque, notamment en ce début de XXIe siècle, et dans l’optique particulière d’un monarque qui aurait le profil et l’expérience (dans de nombreux domaines) de Charles. Ce qu’on peut lire dans le (long) article de Dimbleby – pour celles et ceux qui auront le courage de s’y coller: il vaut vraiment la peine d’y passer quelques minutes.

Lauric Henneton

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Monarchie: pas de retraite à 60 ans pour le Prince Charles

Vendredi 14 novembre 2008 · Laisser un commentaire

Le Prince Charles n’est pas en grève, merci. A 60 ans aujourd’hui, il n’a pas terminé son long, très long apprentissage.

La monarchie est-elle toujours pertinente? ou est-elle au contraire anachronique? A ce moment-là, ne vaudrait-il pas mieux la remplacer par une république, comme en France ou aux Etats-Unis? (mais à ce moment-là, quelle république avec quel mode de scrutin?)

Sur ce sujet très polémique, les hostilités ont été ouvertes hier dans un article de Graham Smith dans le Guardian (gauche):

Significant birthdays are often a time to take stock of one’s life. I don’t know if Charles will be reflecting on his misfortune to be born into such bizarre circumstances, but I’m certain it’s time Britain took stock of this mock-feudal institution we call monarchy. It’s time we came up with a democratic alternative, one which better suits 21st century Britain and which is more humane for all involved.

Bien moins critique et plus nuancé, un article paru sur le site de la BBC, qui fait la part du positif et du négatif dans le bilan du Prince de Galles:

Certainly his outspoken position on the danger, as he sees it, of GM crops, and his sympathy for Tibet over what has been done to it by the “appalling old waxworks” who lead China, have caused genuine concern within government that this is a prince who lacks the self-restraint and discretion that might reasonably be expected of someone in his position.

Charles, of course, sees it differently. As he said in the BBC documentary, he regards his interventions not as “meddling” but as “mobilising”.

He believes he has a duty to use his position as Prince of Wales to bring together people of wealth and influence to focus on some of the major issues which face us. This is a role which he describes as his “convening power”.

De même, l’éditorial du Times (droite modérée) s’efforce de brosser un portrait nuancé:

There are dozens of other causes to which he has lent support and patronage – ranging from the restoration of the Mary Rose, the Tudor warship whose raising from Portsmouth Harbour he watched 26 years ago, to interfaith dialogue, rainforest projects, the teaching of Shakespeare and the preservation of Britain’s architectural heritage. On some issues he has been prescient. He championed organic farming before it was fashionable, and gave warnings of the dangers of climate change and promoted a better understanding of Islam before either became a political necessity. On others he has been obstinate, otherworldly or plain wrong: in his suspicion of science, his dislike of almost all modern architecture and his faith in homoeopathy.

Et de conclure:

Few of his predecessors have forged something positive from the ill-defined [job?] of heir: he has made the best of a non-job. Charles has established a pattern that his sons would be wise to follow. It has been no mean achievement.

Mais qu’en pense l’opinion? Un sondage YouGov, résumé par l’agence Reuters, montre que le Prince Charles n’est pas si impopulaire qu’on le croit parfois, et qu’il est même devenu (récemment, et pour combien de temps?) plus populaire que son fils (pourtant plus télégénique):

The poll, carried out by YouGov, found 42 percent of people were in favour of him succeeding the Queen, compared to 35 percent who thought the throne should skip a generation to Prince William, Charles’s elder son.

When the same question was asked in 2005, only 31 percent backed Charles, while 42 percent preferred William.

En 2006, un sondage Ipsos-Mori avait montré que 72% des personnes interrogées souhaitaient que le Royaume-Uni reste une monarchie contre 18% en faveur de l’instauration d’une république. Par ailleurs, 85% des personnes interrogées s’estimaient satisfaites de l’action de la Reine.

Lauric Henneton

Catégories : Politique britannique
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