Les mesures prises par le gouvernement (travailliste) en début de semaine (pre-budget report, séance de rattrapage ici, + BBC pour la vidéo – musclée – des questions hebdomadaires au premier ministre et un commentaire vidéo aussi) annoncent-elles la “mort” du New Labour, par opposition au ‘old’ Labour d’avant Tony Blair?
Lord Mandelson, récemment revenu au gouvernement comme “business secretary” explique que non, que ce sont les circonstances qui ont changé et pas le parti, et il donne une définition (partielle) de l’orientation de son parti qui montre bien la continuité avec le thatchérisme, devenu le consensus idéologique outre-Manche:
“We have intervened in the banking crisis not to crush markets but to rescue them, because we want markets to work better.”
He also said “New Labour is about more than just the top tax rate”.
It was about maintaining economic stability, boosting business confidence and “sustaining an enterprise culture”.
He added: “We also still stand for rewarding hard work and entrepreneurial risk. I reportedly once said that New Labour has no problem with people becoming very rich, as long as they pay their taxes.
“The New Labour principle still stands: we will only tax out of need, not out of envy or spite.”
A l’opposé, Ken Livingstone, ancien maire de Londres (2000-2008) et à la gauche du Parti travailliste (‘Red Ken’), écrit dans une tribune pour le Guardian que c’est bien la fin du ‘New’ Labour, mais que c’est surtout la fin du consensus thatchérien, ou dans une optique internationale, de ce que l’on pourrait appeler le consensus reagano-thatchérien pour reprendre les grandes figures politiques qui l’ont incarné, ou tout simplement le consensus néolibéral.
Pour lui, c’est le retour de Keynes et d’une politique franchement keynésienne, et c’est la preuve que les Conservateurs / Tories sont le parti de l’inaction face à la crise plutôt que le parti du changement comme ils le revendiquent.
John Pienaar, spécialiste politique de la BBC, est sceptique quant à la mort annoncée du New Labour, ainsi qu’il l’explique dans une analyse qui reprend les grands éléments du dossier. Dans la colonne de droite, vous trouverez tout un dossier d’analyse sur la situation pour bien saisir les tenants et les aboutissants.
La question clé est celle de la redistribution (à travers les impôts). C’est ce qui constitue une des différences fondamentales entre la gauche (qui augmente les impôts, notamment sur les plus riches, pour redistribuer de manière à égaliser les ressources) et la droite (qui baisse les impôts pour favoriser la consommation).
De manière bien plus prosaïque, le Parti travailliste est sauvé de la banqueroute par les syndicats, et notamment Unite, comme le rapporte le Times. Le point contesté ici est le secret qui entoure la transaction.
Lauric Henneton