Articles étiquettés ‘Sarah Palin’
La Vie des Idées publie un article de Romain Huret qui met la défaite de John McCain dans le contexte de la faillite d’une génération de conservatisme américain.
Lauric Henneton
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Tagué : Conservateurs, John McCain, Ronald Reagan, Sarah Palin
C’est bien connu: les élections américaines tendent à se focaliser sur la personnalité plutôt que le programme. Greenway, éditorialiste du Boston Globe, souligne que Sarah Palin fait revivre le mythe de l’authenticité rurale contre la corruption de la ville. Jefferson le soulignait déjà:
In the early days of the republic, cities were seen as something suspect, perhaps a bit anti-American. Thomas Jefferson is said to have told James Madison that if cities were to become dominant in America “we shall become as corrupt as Europe.”
(Character trumping experience – International Herald Tribune)
Le mythe est renuvelé dans le cinéma américain, qui ne manque pas de braves gars de la campagne qui font merveille à la Capitale quand ils s’y voient providentiellement confier des responsabilités: voir Frank Capra et son “Mr Smith goes to Washington”. Sarah Palin, James Stewart, même combat? Pas si simple: dans ses dernières lignes, Greenway souligne qu’il y a aussi du Mr Smith dans le charme qu’exerce Barack Obama:
Watching Mr. Smith again for the fourth time the other day, I couldn’t help think that the Stewart character reminded me more of Barack Obama – character trumping experience – than it did the pistol-packing Palin and her “you betcha” politics of bundled resentments. McCain chose “country first” as his campaign motto, but with Palin he got country and western instead.
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Tagué : Barack Obama, Sarah Palin, Thomas Jefferson
La campagne américaine, c’est un programme, mais ce sont aussi, surtout peut-être, des valeurs. Même quand les bourses s’affolent, la puissante mélodie de l’identité nationale continue de se faire entendre. Cette semaine illustre la répartition des rôles entre John McCain, forcé comme Barack Obama de s’exprimer sur les grands sujets, et Sarah Palin, incarnation de ce que les stratèges du parti républicain appellent “the narrative“– on pourrait traduire littéralement “le mythe“, puisque c’est le sens original de ce mot grec.
Sarah Palin incarne en effet l’attachement aux vertus américaines de self-reliance. Les leaders du parti républicain renvoient à ce mythe fondateur quand ils disent à leurs électeurs qu’intensifier les forages de pétrole sur le territoire américain (et d’abord en Alaska, chez Sarah Palin) va permettre au pays de réduire sa dépendance à l’égard du pétrole du Moyen-Orient ou du Venezuela d’Hugo Chavez. L’augmentation des forages permettrait aussi de combattre une hausse des prix de l’essence qui est attribuée à la spéculation (forcément artificielle), sentiment que la crise financière actuelle peut tout simplement renforcer.
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Tagué : American Dream, développement durable, mythologie américaine, Sarah Palin
Premier entretien avec Sarah Palin sur un grand réseau national–mené par Charles Gibson (ABC news), jeudi 11. La candidate à la vice-présidence s’est attachée à montrer sa compétence sur un terrain où les doutes étaient forts–la politique étrangère. Visiblement l’équipe de campagne lui avait fait réviser ses fiches, sans gommer une certaine raideur dans la répétition des mêmes formules (“to stop the terrorists who are hell-bent on destroying America and our allies”). Mais elle avait oublié la “doctrine Bush”, qui justifie les attaques préventives en dehors de menaces imminentes, d’où un moment inconfortable où Charles Gibson insiste comme un examinateur pour avoir une réponse précise, pas un “brouillage verbal”. Ce qui ne l’a pas empêchée, le même jour anniversaire du 11 septembre, de s’adresser aux soldats (dont son fils) qui quittaient une base de l’Alaska pour l’Irak en leur disant qu’ils partaient combattre “les ennemis qui ont planifié et mis en oeuvre la mise à mort de milliers d’Américains et s’en sont réjoui”, en faisant comme Bush le lien entre le 11 septembre et l’Irak.
La compétence de Joe Biden en matière de politique étrangère n’est généralement pas mise en doute, mais il peut faire des gaffes monumentales qui font les choux gras des bloggeurs républicains, comme lorsqu’il demande à Chuck Graham, qui est en fauteuil roulant, de se lever pour que tout le monde le voie. Prétend-il avoir le pouvoir de guérir les paralytiques?
Jacques Pothier
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Tagué : gaffes, Joe Biden, Sarah Palin, vice-président
Au Washington Post, pourtant liberal (centre-gauche, donc pro-démocrates), il y a deux chroniqueurs particulièrement conservateurs (donc pro-républicains), signe d’un pluralisme et d’une ouverture très appréciables.
- Charles Krauthammer: dans sa dernière chronique (du 12) il explique pourquoi Obama serait sur la pente descendante. La critique du messianisme obamalâtre est partisane, c’est évident, mais les arguments sont intéressants.
- Michael Gerson (évangélique et républicain, il a écrit les discours de Bush il y a quelques années) revient sur les attaques formulées contre Sarah Palin, notamment sur les questions de religion (un de ses thèmes de prédilection).
L’un comme l’autre s’attachent à démonter les attaques de la gauche américaine, véhiculées par les grands médias (surtout la presse écrite). C’est ce côté “à contre courant” qui fait l’intérêt de leurs arguments (qu’on soit d’accord ou pas n’a rien à faire dans l’histoire).
Pour info, le New York Times, lui aussi clairement de centre gauche (et donc pro-démocrates) a deux chroniqueurs conservateurs: David Brooks et William “Bill” Kristol (qui a succédé à William Safire il y a quelques mois). Leurs chroniques, qui tranchent avec celles d’autres chroniqueurs beaucoup plus à gauche (Krugman, Friedman, Dowd…), permettent d’avoir une image beaucoup plus large du spectre idéologique aux Etats-Unis.
La chronique sur les affaires américaines de The Economist (signée “Lexington”) revient sur l’effet Palin, à la suite de l’effet Clinton, sur le féminisme américain. Sujet complexe! La référence à Madonna vient d’une longue chronique de Camille Paglia dans le magazine Salon:
In her idiosyncratic way, Mrs Palin also represents the fulfilment of the feminist dream. She demonstrates that gender is no longer a barrier to success in one of the most conservative corners of the land, the Alaska Republican Party. She also proves that you can be a career woman without needing to subscribe to any fixed feminist ideology. Camille Paglia hails her as the biggest step forward for feminism since Madonna. (The Economist)
Lauric Henneton
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Tagué : Barack Obama, Conservateurs, Femmes en politique, parti démocrate, presse américaine, Sarah Palin
Le Guardian revient sur une info qu’avait évoquée la BBC hier, le soutien maladroit de Gordon Brown pour Barack Obama, dans un article du Parliamentary Monitor. Un couac déploré par les tories comme par les républicains. S’il n’est pas surprenant qu’un (néo)travailliste ait plus d’affinités avec les démocrates qu’avec les républicains, la fonction de Premier ministre invite à un certain devoir de réserve.
Encore un couac du côté de Brown, qui a essayé de s’expliquer comme il pouvait, au moment où les syndicats, soutiens traditionnels (et maintenant principaux) du Parti travailliste, commencent à aller voir du côté des conservateurs. Rien d’officiel ou de contraignant mais la désaffection gagne de plus en plus près du coeur. De son côté, David Cameron poursuit son (irrésistible?) ascension en se voyant consacrer la Une de l’édition européenne de TIME Magazine (à paraître demain). Un long portrait qui ne sera pourtant pas inclus dans l’édition américaine.
De façon plus anecdotique, les lunettes de Sarah Palin (Kawasaki 704) s’arracheraient comme des petits pains – comme quoi l’enthousiasme gagne le camp républicain (ce qui fait hurler les chroniqueurs démocrates des grands quotidiens, New York Times et Washinton Post entre autres). Et TIME revient sur la carrière universitaire de Barack Obama à la fac de droit de Chicago.
Lauric Henneton
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Tagué : Barack Obama, Conservateurs, David Cameron, Gordon Brown, parti travailliste, Sarah Palin
Le New York Times propose une série de cartes qui permettent de se rendre compte des stratégies des deux camps en matière géographique.
Les démocrates ont dépensé beaucoup d’argent en Floride (état clé en 2000), mais aussi dans certains états du Sud (Géorgie, Caroline du Nord, Virginie), une stratégie qui vise à mobiliser les abstentionnistes noirs. La stratégie d’Obama est de garder les états où Kerry l’a emporté en 2004, et de grappiller quelques états considérés comme tangeants (la Virginie, par exemple, mais pourquoi pas la Floride, tout dépendra du niveau de mobilisation le jour du scrutin).
Des deux côtés, on a accordé beaucoup d’attention à l’Ohio (état clé en 2004) et plus largement à la “rust belt”, dans un contexte de difficultés économiques (Michigan et Pennsylvanie).
La nouveauté, c’est l’attention portée à 3 états de l’ouest considérés comme complètement ouverts: Nevada, Nouveau-Mexique et Colorado.
Ce qui frappe, dans les cartes en question, c’est la surreprésentation du nord-est (moins la Nouvelle-Angleterre, considérée comme acquise pour/par les démocrates, à l’exception peut-être du New Hampshire): Rust Belt, ainsi que des états comme l’Indiana, le Wisconsin et dans une moindre mesure l’Iowa, voire le Missouri (toujours très serré: on l’appelle d’ailleurs le Bellwether State, puisque celui qui l’emporte dans le Missouri est censé l’emporter au final…)
En termes de stratégie de mobilisation, l’article connexe du New York Times évoque les efforts des deux camps. Côté démocrate:
Mr. Plouffe said the Obama campaign had recruited thousands of neighborhood and precinct captains to concentrate on voter turnout: The campaign has seven offices in Allegheny County alone, around Pittsburgh, and has teams devoted to turning out the estimated 600,000 black residents of Florida who were registered in 2004 but did not vote.
Côté républicain, on capitalise sur les techniques redoutables qui avaient été utilisées en 2004. On note également que si la nomination de Sarah Palin a eu un effet indéniable sur la mobilisation de volontaires, on souligne que le décolage avait déjà commencé avant la nomination, passant de 20 000 à 800 000 actions de démarchage par semaine (téléphonique ou porte à porte).
Sur la stratégie de mobilisation utilisée par la campagne Bush en 2004, je recommande la lecture d’Applebee’s America, de Doug Sosnik, Matthew Dowd et Ron Fournier (2006), ouvrage passionnant sur les points communs du marketing politique, commercial et religieux. (Sosnik est un ancien conseiller de Bill Clinton, Dowd était un des stratèges de la campagne de Bush en 2004).
Lauric Henneton
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Tagué : Barack Obama, John McCain, Sarah Palin, stratégie, swing states
Le New York Times propose une représentation visuelle intéressante des mots utilisés par les différents orateurs démocrates et républicains lors des conventions. Quelques petites surprises mais on retrouve bien les grandes thématiques des deux partis.
A noter aussi un papier qui donne quelques éclaircissements sur ce que l’on peut attendre (et non craindre en l’occurrence) d’une éventuelle vice-présidente Palin: malgré ses opinions personnelles (vaguement) créationnistes, elle n’a jamais tenté d’imposer ses vues en tant que gouverneur. En d’autres termes, elle illustre que l’on peut avoir des positions, personnelles et potentiellement très affirmées, mais ne pas pour autant chercher à les mettre en application.
Enfin, pour celles et ceux qui seraient persuadés que McCain va mourir le lendemain de son éventuelle investiture, le Washington Post a des nouvelles rassurantes: Sarah Palin se fait briefer sur les questions de sécurité et de défense.
Lauric Henneton
Catégories : Elections US 2008 · Politique US
Tagué : créationnisme, John McCain, Sarah Palin, sécurité et défense
Petite entorse au régime “English-only” de l’OSPOMA, une tribune de votre serviteur dans Le Figaro de ce jour, intitulée “Le pari osé du républicain John McCain“. Voici le début:
Le choix de Sarah Palin par John McCain est la preuve, s’il en était besoin, que le mandat éventuel du candidat républicain ne sera en rien le «troisième mandat de Bush», comme l’annonce le camp Obama. Cette continuité était envisageable lors des candidatures de George Bush père en 1988 vice-président de Ronald Reagan pendant huit ans et d’Al Gore, vice-président de Bill Clinton de 1992 à 2000.
McCain, c’est l’antithèse de Bush, contre qui il brigua l’investiture républicaine en 2000. Et c’est précisément son indépendance et son image de maverick («électron libre»), qui inquiète autant ses adversaires démocrates que le Parti républicain, qu’il s’efforce de représenter. D’où le choix, controversé, critiquable, mais globalement intelligent de Sarah Palin pour équilibrer le «ticket» républicain et lui donner un nouvel élan à un moment crucial de la campagne, les conventions des deux partis, et alors que l’écart dans les sondages n’a jamais été aussi faible.
Extérieure au sérail washingtonien, elle a été unanimement décrite comme une «bouffée d’air frais» (d’Alaska), et elle confirme l’image d’un McCain farouchement indépendant.
Lauric Henneton
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Catégories : Elections US 2008 · Evangéliques · Politique US
Tagué : Al Gore, Bill Clinton, George Bush (père), John McCain, Ronald Reagan, Sarah Palin, stratégie