Premier entretien avec Sarah Palin sur un grand réseau national–mené par Charles Gibson (ABC news), jeudi 11. La candidate à la vice-présidence s’est attachée à montrer sa compétence sur un terrain où les doutes étaient forts–la politique étrangère. Visiblement l’équipe de campagne lui avait fait réviser ses fiches, sans gommer une certaine raideur dans la répétition des mêmes formules (“to stop the terrorists who are hell-bent on destroying America and our allies”). Mais elle avait oublié la “doctrine Bush”, qui justifie les attaques préventives en dehors de menaces imminentes, d’où un moment inconfortable où Charles Gibson insiste comme un examinateur pour avoir une réponse précise, pas un “brouillage verbal”. Ce qui ne l’a pas empêchée, le même jour anniversaire du 11 septembre, de s’adresser aux soldats (dont son fils) qui quittaient une base de l’Alaska pour l’Irak en leur disant qu’ils partaient combattre “les ennemis qui ont planifié et mis en oeuvre la mise à mort de milliers d’Américains et s’en sont réjoui”, en faisant comme Bush le lien entre le 11 septembre et l’Irak.
La compétence de Joe Biden en matière de politique étrangère n’est généralement pas mise en doute, mais il peut faire des gaffes monumentales qui font les choux gras des bloggeurs républicains, comme lorsqu’il demande à Chuck Graham, qui est en fauteuil roulant, de se lever pour que tout le monde le voie. Prétend-il avoir le pouvoir de guérir les paralytiques?
Jacques Pothier
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McCain a choisi son colistier et … il l’annoncera vendredi, 18h heure française.
Trois noms semblent tenir la corde: Mitt Romney, Tim Pawlenty et Joe Lieberman (ancien colistier… d’Al Gore en 2000). Les trois ont leurs avantages, mais aussi de sérieux inconvénients (trop riche à un moment où les Américains se serrent la ceinture, trop jeune, trop pro-avortement…). Bref, aucun des trois ne sera parfait, et chacun sera contesté dès l’annonce de vendredi.
Ne semblent plus être dans la course: le jeune gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal (d’origine indienne, mais très inexpérimenté) et Charlie Crist (gouverneur de Floride, état clé).
Côté démocrate, on semble assuré sinon d’emporter la présidentielle, au moins d’être (largement?) majoritaire au Congrès, et ainsi d’accroître les majorités gagnées en 2006. Notamment d’atteindre le chiffre magique de 60 sénateurs (ce qui permet de contourner certains blocages appelés filibusters)
Problème(s): le triomphe d’une année (2008) peut se transformer en un désastre deux ans plus tard (2010, comme ce fut le cas avec le raz de marée républicain de 1994). De même si on parle beaucoup de l’impopularité, abyssale, de Bush, le nouveau Congrès démocrate est, lui aussi, très impopulaire (entre 25 et 30% de satisfaits!)
Lauric Henneton
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